IMPRESSIONS PERSANES

Publié le par matthiasautourdumonde

« Tant que tu resteras dans ta boutique ou ta maison, jamais tu ne seras vraiment un homme , pars , promène-toi dans le monde, avant ce jour où tu quitteras le monde »

Sa'di ( la star des poètes persans, XIIIème ), qui m'arrange pas mal .

Masoleh, Iran , 28 août 2015.

Comme l'année précédente , je réussi, mais avec difficultés, à me poser pour commencer à écrire quelques lignes , après une grosse quinzaine de jours de pérégrinations, à arrêter le moteur de la machine qui veut aller toujours de l'avant . Pour cela j'ai dû trouver une voie sans issue, dans le village montagnard de Masoleh, au coeur de vallées encaissées et de forêts humides. Faut dire qu'il bruine pratiquement en continue . Sans doute aussi le temps de me remettre en train du voyage, après une année où j'avais quitté Istanbul, et de comprendre les mécanismes d'une vie de voyageur à travers l'Iran .

Un autre post concernera mon trajet et mes rencontres , et un troisième le tourisme à l'iranienne .

Là, il s'agit d'un post sur mes sensations et impressions diverses .

Me voici donc depuis deux jours à Masoleh un petit village du nord de l'Iran , tout proche de la mer caspienne . Petit en taille puisqu'il fait sans doute environ 1500 habitants , alors que jusqu'à maintenant j'ai dormi dans des villes de plus de 600 000 habitants, voir des mégapoles telle Teheran, et avant Istanbul en Turquie, dépassant allégrement les 12 millions . Ici c'est un micro-climat avec 15°C /20°C et surtout une bruine de montagne qui traverse le village depuis que je suis là et qui fait que tout est hyper vert et mouillé partout , avec de la mousse sur les arbres , des cascades , des forêts touffus . Un petit goût de la Réunion .

Le village est petit , mais très touristique au goût iranien, avec un foule quotidienne venant prendre le frais à 5/6 heures de la capitale, en plein mois d'août alors que partout ailleurs il fait 35°C /40 °C à l'heure de la sieste d'après déjeuner .

Les photos de groupe dans la brume d'altitude, c'est le must ici ! Faut dire qu'ailleurs, les fameuses grandes villes où j'ai dormi ( Chiraz, Kerman, Yazd, Ispahan ( Esfahan en anglais traduit de l'iranien) Mahan ( plus petite) , Téhéran) sont bâtis en plein milieu désertique entre plaines de cailloux et massifs montagneux pelés, sur des hauts-plateaux d'altitude entre 1500 et 2000 mètres ( sinon il ferait encore plus chaud!!!). Mais à chaque fois , la magie de la ville-oasis ( sans palmiers, mais avec des jardins, des parcs et des arbres dans les rues et le long des artères d'arrivée aux villes ) .

Les iraniens , quand ils se faisaient encore appeler persans ( soit avant le XXème ) , ont eu ( et ont toujours) le génie de l'usage de l'eau . D'abord pour boire : partout dans les villes on peut boire gratuitement de l'eau potable et fraîche : des fontaines réfrigérantes sur les grandes artères et dans chaque mosquée ou mausolée de saint chiite . Puis pour aller prier : se laver les mains , les bras, le visage et les pieds. Les plantes en profitent aussi beaucoup, sans parcimonie . Les arbres sont inondés au pied : leur ombre est bénéfique, les pelouses des parcs sont bien grasses et accueillantes pour la sieste et les piques-niques quotidiens des iraniens ( d'autant j'arrive en pleine période de vacances scolaire qui durent trois mois ) . Toutes les essences sont vigoureuses dans les célèbres jardins persans loués par les poètes . Cette eau, les iraniens la capte grâce à des sources situées parfois à des dizaines de kilomètres , au cœur des montagnes , avec une systèmes de canalisations existants depuis plusieurs centaines d'années, les qanats . Sinon , ils n'y aurait rien ici ! C'est le désert complet .

Le second point le plus remarquable, mais qui va sans doute avec le premier et qui participe certainement d'un tout dans cette très riche civilisation persane dont je ne perçois pour l'instant que des détails quotidiens et visibles, c'est la grande propreté qui règne presque partout en ville. Contrairement aux autres villes du proche-orient que j'ai visité ( Syrie, Jordanie, Egypte) , rien ne traîne ici par terre ( tout est ramassé) , ni détritus jeté et laissé là pendant des jours à pourrir, ni champs de sacs plastiques tapissant les étendus désertiques dans périphéries urbaines . C'est limite la Suisse, et plus propre que chez nous souvent. Et c'est très agréable .

La troisième grande découverte c'est l'iranien lui-même, ce qu'il dégage, : une très grande politesse, une gentillesse, un parlé très fluide et mélodique ( ressemblant par ses intonations à du français), une réelle honnêteté ( vu que les prix sont affichés ou non, et en chiffre arabe, parfois avec un zero de plus ou de moins ( Toman ou Real) , mais qu'il est toujours exprimé par le vendeur oralement avec un zero de moins ( toman) mais que le billet lui a un zero de plus ( real ) ; si vous n'avez rien compris , c'est normal , et au bout de 3 semaines on finit seulement par connaître la valeur des choses ; et quand on ne sait pas et que l'on donne 10 fois le prix , on m'a toujours rendu toute ma monnaie ), un grand calme ( même en voiture où là, dans le trafic infernal, il semble avoir perdu pour un temps, à l'abri de l'habitacle, tous ses codes persans de civilité par sa conduite « sportive » ) et un sens de l'échange et du partage comme j'ai rarement vu sauf peut-être en Polynésie, un grande curiosité pour ce qui vient de l'étranger, que je représente, avec la quête de dialogue qui va avec . Toujours un sourire et une douceur dans le regard . Une invitation à prendre un verre de thé . Vraiment loin de m'attendre à cela avec l'image négative véhiculée jusqu'à chez nous depuis la Révolution Islamique.

Alors qu'il y a tout de même quelques touristes occidentaux , il n'y a pas une seule journée où je n'ai pas discuté avec un iranien venu vers moi, voir plusieurs, alors assis seul dans un parc, sur un pont le soir ou sur une place ( tous lieux hyper prisés de réunions pour le pique-nique ou la promenade du soir) . Plus rarement avec une iranienne … qui sont souvent très belles, maquillées et cheveux teints ( un peu trop parfois) , ressemblant à des princesses... car étant voyageur en solitaire , l'iranienne ne peut en principe, si elle est elle-même seule, m'adresser la parole en public, sauf dans la cadre de son travail ( j'ai eu droit à un sondage et un interview ) ou si elle est entre amis/es ou en famille, alors pas de problème . Les voyageurs à plusieurs ne perçoivent pas cela . Les iraniens ont presque tous un style occidental , sauf les baloutches de l'Est du pays qui sont de types et de costumes pakistanais . Les jeunes ont des coupes de footballeurs , avec des chemises à motifs prêts du corps ( un must dans toutes les vitrines) pour montrer leurs muscles . L'homme iranien se doit de montrer qu'il est fort, m'a t'on dit . Mais une fois sur eux , la chemise slim fit ça leur fait ( comme à moi ! ) un petit bide, vu qu'ils mangent quand même pas super light .

Un culte du corps et de la beauté , tant pour les hommes que pour les femmes. Et donc des magasins de cosmétiques et de vêtements à profusion . Parfois un nouveau nez, avec une arrête moins grosse (des dizaines de femmes et quelques hommes se promènent en public avec leur gros sparadrap sur la face ) . Et pour immortaliser tout ça, le Selfie : c'est le roi , et le selfie-stick son bâton de pouvoir. J'ai rarement vu des gens qui se prenaient autant en photos un peu partout, tout le temps .

Où que je me trouve, et venant de n'importe qui, mon voisin de banc, le taxi , ou la mère de famille, on m'a offert quelque chose ( un fruit, des gâteaux , des pistaches, etc , voir un verre de whisky ! mais ça c'est exceptionnel, car l'alcool est vraiment interdit ici) . Moi je pouvais donner une carte postale de Paris, dont j'avais pris un stock me restant du Tour du Monde ( j'en ai plus aucune ! Tout distribué. ) . Tout le monde adore Paris ici , surtout la Tour Eiffel ! Que l'on trouve à acheter en miniature dans tous les bazars !!! Ou sur des bouteilles de parfums ( que les bazaris fabriquent eux-même suivant la demande personnalisée avec des dizaines de fioles) . D'ailleurs on me demandait à chaque fois si je n'avais pas une carte de la Tour .

Sinon , le mot magique ici quand on est français pour discuter avec un Iranien qui ne connaît pas un mot d'anglais ( mais beaucoup parlent anglais , un petit peu, ou bien, voir très bien ) et moi pas grand chose en persan, c'est : « Zidane » !!! Zinedine Zidane ! En gros la « conversation » très primaire mais très très courante, ça fait : « Where country from ? », je réponds en faisant trainer la fin du mot « fr-an-çaiiiis » ; et lui « fr-an-çaiiiiis !!!!! Franzavi !!! Zidane !!!!! » . Ca marche aussi avec « Barthezzzzz!!! » . Une fois seulement j'ai eu le taxi avec « Alexandre Dumas », « Emile Zola », « Jean-Paul Sartre » . J'ai pu échanger avec les auteurs persans dont je venais de découvrir les noms : « Sa'di », « Ferdowsi », « Hafez ». Tout le monde était content et il m'a fait une remise sur la course !

Finalement ces joueurs de foot surpayés ils le méritent peut-être pour ce rayonnement des Temps Modernes de la France à l'étranger, hum hum. Et pour rester dans le thème footballistique, le demi-dieu ici actuellement c'est Messi ( et sur la seconde marche mais plus bas , Cristiano Ronaldo qui ressemble à un Iranien pour eux ) : Messi il est partout , à la Télé, sur les affiches à vendre des bazars ( plus fort que Khomeiny , Messi , pour s'afficher dans sa chambre d'ado ! ) , sur les devantures de magasins . Le sport national c'est bien le foot . Et pour la pratique quotidienne, le soir dans les parcs, entre amis, filles et garçons ensemble, c'est le Volley-ball que l'on retrouve.

Je n'ai eu aucune remarque sur le rôle « dur » attribué à la France lors des négociations sur le nucléaire (« nuclear agreement » qu'ils appellent ça ici en english).

La France , en dehors de ses gloires du ballon, et de sa tour eiffel, elle est présente quotidiennement dans la vie des iraniens : j'ai bien eu l'impression que le tiers du parc auto ( sous embargo) était composé de Peugeot 405 ( sous licence ) , le reste se partageant entre Peugeot 206 , Renault Megane , des constructeurs iraniens, coréens et un ancien must , une sorte de Super 5 customisée sport sortie tout droit des années 80 .

J'ai été invité avec Tiago et Fernanda , un couple de brésiliens rencontré à Yazd et faisant un tour du monde du 2 ans, dans une famille iranienne pour dîner, après avoir assisté à une séance d'un entraînement de Zurkaneh, sport de force traditionnel . Le père de famille et de son jeune fils de 15 ans parlant quelques mots d'anglais, y participaient. A 22 heures, on s'est retrouvé au milieu de plus de 20 personnes ( c'était une grande famille!) parmi les cousins, les belles-soeurs, les frères, les mères , les petits . Grosses ambiance . On a beaucoup ri surtout avec les blagues de la tante , la comique du groupe , même si on ne comprenait pas un mot . Tiago s'y est mis aussi sur mon insistance pour leur apprendre quelques pas de samba , tous smartphones filmant la séance . La pièce d'entrée était la pièce principale de la maison où l'on s'est installé tous en cercle assis par terre sur de gros tapis, avec la TV satellitaire grand écran trônant en bout sur son meuble adequat avec sa ribambelle de boîtiers numériques clignotants, et diffusant en continue des matchs hyper-sanglants de free-fights d'une chaîne US, puis voyant notre étonnement, basculant sur une série d'aventures de mythologies grecques . Le grand écart. Quoique la mythologie c'est pas les bisounours non plus et quelques têtes coupées de méduses aux serpents sifflants, ont failli rouler jusqu'à mon assiette . Pas d'autres meubles dans la pièce , amis des livres en bibliothèque . Au menu , d'abord des fruits ( melon vert et pastèque ) , puis le plat chaud , BBQ avec plat de riz, betterave , tomates, beurre safrané, accompagné de lait fermenté ( ayran) ou soda US . Comme couverts, on fait tout avec grande cuillère et fourchette , jamais de couteau à table. Puis le thé , amer, à boire avec le sucre directement dans la bouche . Après le repas et échange d'adresses email et de numéros de téléphone ( pratiquement automatique ici après quelques minutes de conversation avec des iraniens ; au premier abord les jeunes iraniens sont de très loin beaucoup plus accros à internet et à toutes les nouvelles appli et technologies que moi , sans doute parce qu'il n'y pas beaucoup de divertissement public moderne … et cette pratique des nouvelles technologies, l'arrivée du smartphone, de ses connexions dans toutes les poches, a sans doute commencé à fissurer irrémédiablement les dogmes de la Révolution Islamique . Les lignes bougent . Fortement. Même si la société me paraît à première vue clivée entre ouverture et tradition , mais j'y reviens un peu plus loin) . Le repas fini ( il était plus d'une heure du mat et les enfants partant se coucher ) le père de famille nous a ramené chez nous à l'Hostel Silk Road, non sans s'être arrêté avant chez le glacier pour nous offrir un cornet à déguster sur le chemin .

Notre cas n'est pourtant pas exceptionnel, beaucoup d'autres voyageurs rencontrés m'ont fait part avoir été également invités à partager un repas en famille ou amis , et pour mes brésiliens c'était la 3ème fois en quelques jours , mais faut dire qu'ils sont vraiment avenants . Et puis ils sont brésiliens !

J'ai tant de choses positives à dire sur les Iraniens que j'ai bien peur d'en oublier , mais j'en fais mon parti et ces souvenirs non écrits reviendront sans doute à l'occasion .

Physiquement, les iraniens nous ressemblent beaucoup pour certains, même type indo-européen ( en dehors du nord du pays à majorité azeri, très brun de peau et de cheveux, 25% de la population au total ) , et moi je peux faire perse , avec mes poils et mes sourcils mais ma peau claire, ce qui n'a pas été sans qu'on m'adresse la parole de nombreuses fois certainement pour me demander un chemin . Entre eux les iraniens s'interpellent très souvent visiblement. Et j'ai lu que dans une région de l'ouest beaucoup était blond avec les yeux bleus, descendants des 70000 légionnaires romains gardés prisonniers suite à la défaite de l'empereur Valérien par les sassanides , en l'an 260 . Dingue !

Mais vous me direz : c'est bien joli tous ça , mais l'Iran c'est quand même le pays de ayatollah, du tchador et des fondamentalistes ! C'est certainement vrai . Mais pour une partie de la population seulement . Combien de gens m'ont dit de faire attention avant de partir , que c'était sans doute dangereux avec la guerre en Irak et en Syrie, que je vais me faire kidnapper par Daesh … Daesh, ici c'est l'ennemi , le représentant barbare de l'islam sunnite, et derrière lui des saoudiens . Tournent en boucle des spots explicatifs sur les liens entre Daesh et les saoudiens et d'autres entre la famille Ben Laden et le complexe militaro-industriel US de l'époque Bush . Sur la TV publique . Mais pas de TV privée ici . Comme presque tous les iraniens, faut avoir sa parabole cachée et son internet debridé pour avoir un autre point de vue qu'officiel .

Les iraniens savent cette ignorance et les confusions de l'occident vis à vis d'eux-même ( qu'ils sont tous des terroristes ! ) , de leur culture, de leurs sciences, et cela jusqu'à aujourd'hui depuis la Révolution Islamique . Ils en ont l'air d'être pragmatique . Déjà et en premier lieu, ils rappellent à la première occasion que eux ne sont pas arabes mais persans . Attention, ne pas confondre. Une certaine haine peut se déceler : les arabes m'ayant été plusieurs fois qualifiés de gras , libidineux , pervers , sales , et j'en passe… l'ennemi héréditaire me semble-t-il . L'ennemi récent étant Israël et les USA. Les trois semblant souvent être présenté tenir de la même clique sur les spots TV .

La religion n'est pas celle du voisin saoudien, ici c'est le chiisme, ses imams, son clergé. Un autre islam que celui de tous les autres autour d'eux : « nous on est différent d'eux , eux sont intolérants, eux ont une pratique de l'islam directement sorti du moyen-âge , alors que nous grâce à nos imams jusqu'à aujourd'hui, nous vivons un islam qui peut vivre avec la modernité » . Et donc également un certain complexe de supériorité vis à vis de leurs glorieuses inventions passées ( en mathématiques, géomètrie , médecine , architectures, physique, etc, toutes sciences souvent nommées chez nous « arabes » alors qu'eux lees revendiquent bien persanes puisque c'étaient des persans qui les ont approfondies ) , et d'où aujourd'hui cette course au nucléaire, summum de la connaissance scientifique de la notre époque accaparée par l'Occident selon la thèse officielle .

Le pays m'a paru bien divisé entre tenants d'une tradition religieuse et du respect des directives du Guide Suprême ( même en prise avec le XXIème s ) , et ceux qui ont comme modèle l'occident fantasmé au travers du web et une allure et un comportement identiques au nôtres . Pratiquement tous ceux avec qui j'ai parlé m'ont déclaré qu'ils leur manquaient un peu de liberté , qu'ils rêvaient de venir en occident , et pour certains, surtout les plus âgés, que la vie était très difficile car beaucoup de chômage, que c'était mieux à l'époque du Shah . Mais d'autres m'ont également mis en garde contre les espions du gouvernement qui essayent de faire parlé les visiteurs étrangers contre ce dernier ... Presque tous m'ont dit que malgré l'accord sur le nucléaire , rien n'allait vraiment changé . Cet accord est pourtant fondamental pour le pays , car les iraniens méritent une vie meilleure . Ils sont plus proches de nous par des centaines de détails ( et cela maintenant depuis Alexandre le Grand …) qu'un grand nombre de peuples non occidentaux de par le monde . Compte tenu de la dérive du fondamentalisme sunnite ( j'ai regardé une seule fois les actualités sur google, bien m'en a pris (...) , suis tombé sur le gars qui a voulu faire un carnage dans le thalys : pas tenu informé depuis ! ), le début d'un basculement des alliances va peut-être s'opérer .

Cet accord, et surtout ses conséquences avec la levée des sanctions économiques, les journaux officiels en parlent tous les jours : de qui va rouvrir son ambassade (UK) , de qui ne va pas attendre le rétablissement officiel des relations pour refaire du bizness ( Corée du Sud) … Le marché iranien est énorme avec ses 80 millions de consommateurs accros au shopping de fin de journée des grandes artères et du bazar ( pas encore de mall à la Dubaï ici , c'est le royaume du petit commerce) , et beaucoup d'entreprises ( tel les constructeurs auto français ou les fabriquants coréens ou japonais de mobiles ou de tv ont toujours réussi à placer leurs produits ici . Les bazars pour la plus part regorgent de toutes sortes d'objets made in Iran or China/Taiwan ; rien apparemment ne semble manquer, des centaines de milliers de petits commerces ( les bazaris) et artisans font fonctionner l'économie local et le pays : l'ouverture trop rapide à la mondialisation risquent de faire pas mal de dégâts si non maîtrisé .

Ce qui est certain et répété , c'est que le gouvernement veut ouvrir le pays au tourisme pour en faire une industrie . Un grand nombre de lieux attractifs viennent d'être restaurés ou le sont en cours . Le pays en a clairement tous les atouts .

Le principe du rejet de l'Occident par le Gouvernement islamique est en train d'être battu en brèche, de fait, par internet. Une grande majorité d'iraniens sont devenus des vrais geeks à savoir détourner les blocages du système pour garder la fenêtre ouverte sur le monde . D'ailleurs des panneaux 3X4 tentent de rappeler de manière illustrative que Facebook et compagnie se sont les nouvelles bombes qui vont détruire le pays … D'autres panneaux rappellent comment un bon iranien et une bonne famille doivent se comporter aujourd'hui, comme au temps des Héros qui ont donné leur sang dans la guerre Iran/Irak . Ces héros , on ne peut pas les oublier car leurs portraits sont affichés, peints, céramiqués, dans chaque ville et village . Entre 400000 et 800000 jeunes hommes selon mes guides . Cette guerre a saigné le pays mais l'a cimenté autour du nouveau régime . Ce régime qui aujourd'hui conseille à tout à chacun qu'il doit rester pieux et avoir une tenue et un comportement islamique en toutes circonstances .

Beaucoup m'ont dit pourtant ne être très religion, que ces messages officiels ne les concernaient pas, voir se moquer des femmes en tchador . Mais évidemment , je n'ai eu de conversation qu'avec ceux qui voulaient discuter avec moi, puisque c'est eux qui viennent vers moi . Pour les femmes pieuses, un exemple parmi tant d'autres : dans le taxi partagé , pour ne pas être collée à moi , une jeune femme en tchador a payé pour deux places et donc pour pouvoir être séparé par la place de son sac entre elle et moi .

Le système de rappel aux valeurs par le Guide Suprême ( qui s'affiche sur les mosquées et bâtiments officiels , mais pas partout dans chaque magasin ) m'a fait pensé , sur le principe, à celui d'un Pape ayant pour rôle de dire ce qui est bien de faire et ce qui n'est pas bien dans l'observance du dogme et des principes . Après ceux qui veulent pratiquer le font, et les autres non . A l'appel de la prière ( 3 fois par jour ici), c'est jamais la foule dans les mosquées .

Certaines m'ont également expliqué qu'elles étaient de fait obligées de porter le foulard, mais si il n'en tenait qu'à elles …

Le jeu actuel étant de faire tenir le fouloir très léger et coloré avec le haut du chignon planté bas . Alors que la voisine d'à côté tient fermement son tchador ( long voile noire à motifs noirs recouvrant la tête et le corps) bien serré à la main sous son menton . Et suivant les régions , les villes sont plus ou moins traditionalistes .

Téhéran étant de loin la plus permissive . Là où les jeunes ressemblent aux autres jeunes de Rome, de NYC ou d'ailleurs : jeans, casquettes, Tshirt, cheveux longs ou gominés, et tatouages, ...

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