TOURISME A L'IRANIENNE

Publié le par matthiasautourdumonde

Dans un pays où les loisirs en société sont contrôlés afin qu'ils soient conformes à la loi islamique , pas de blockbuster en salle mais des mélodrames nationaux ou du ciné historico-religieux .

A l'intérieur des maisons, c'est une toute autre histoire : rien ne semble différencier un ado iranien ( ils s'habillent pareil, les même marques, mais contre-faîtes) d'un autre en occident : les dernières sorties videoludiques ou cinés sont à portée de clics, si elles ne sont à portée de bourse .

Pas vu de parc d'attraction .

Pour une certaine classe aisée, se retrouver dans l'après-midi à prendre un thé dans un ancien hammam réhabilité avec sa fontaine centrale glougloutante, sur fond de musique traditionnelle , c'est une habitude que j'ai rapidement adopté , tant les lieux sont apaisants , extrait de la pollution et de la chaleur urbaine, pour quelques minutes .

Les sorties des plus branchés se font dans des coffee shop ( avec du vrai café ceux-là …!) à Ispahan ou Téhéran, ressemblants à nos bars branchouilles, mais sans terrasses extérieures .

Pour les fêtes tout se passe soi-disant une nouvelle fois derrière les murs des apparts et des maisons . Pour ma part , je n'ai pas eu l'occasion d'expérimenter ces fameuses soirées téhéranis .

Alors pour la majorité des gens , que reste-t-il à faire le soir venu, ou quand c'est vendredi et que toutes les boutiques et bazars sont portes closes ?

En premier lieu se réunir en famille et/ou entre amis et partir faire un pique-nique sur le moindre carré d'herbe urbain ( y en a pas mal ( entre les magnifiques parcs et jardins persans, et les ronds-points maouss et arborés (!) , mais toujours propres vu qu'il n'y a pas de chien domestique, considéré comme impur parait-il ; c'est du côté des petits oiseaux chanteurs, ou des pigeons que les hommes portent leur désir d'animaux de compagnie ) .

Des mega-pro du pique-nique, les iraniens ! On essaye de se garer pas loin , voir au raz . Et hop, on débarque tapis de sol, nappes, glacières, réchaud-gaz, vaisselle, et toutes les victuailles qui vont être préparés pour être dégustés .

Et ça papote !

Dans les lieux touristiques , comme les ponts ou la grande place d'Ispahan, on peut aller se chercher un dessert local, comme sa barquette de glace au safran accompagnée de vermicelles blancs baignant dans son jus de citron . Trés bon ! J'ai suivi le mouvement et j'ai également testé avec succès , la glace au safran coincé entre deux rondelles de gaufrettes , façon hamburger glacé . Pas facile à manger , si on est trop lent ( ça fond sous les 30°C...) , mais savoureux également . D'ailleurs la cuisine iranienne est de manière générale simple mais bonne . Pas épicée mais savamment goutûe.

Sous le pont Qapu à Ispahan , c'est concours de chant acapella tous les soirs . Beaucoup viennent écouter les chanteurs improvisés à une ou plusieurs voix .C'est très beau, et sous les arches, l'acoustique est top .

Et quand on a plus de temps devant soi, c'est également la quête du vert qui est en ligne de mire , mais là dans la « vraie » nature . On prend la voiture et on part pour chercher le frais et le vert . A Masoleh et alentours , à 4/5 heures de Téhéran, j'ai retrouvé des centaines d'Iraniens en week end, venu se plonger dans la bruine de la forêt humide , ou bien faire l'ascension sportive vers les ruines grandioses du château médiéval de Qaleh Rudkhan . Et encore une fois , toutes les générations sont là de la grand-mère au petit-fils qui gravissent les marches interminables et glissantes ( mes fesses s'en souviennent ) . Au retour de cette excursion et afin de revenir au village compte tenu qu'il n'y avait plus de taxi savari ( à partager), j'ai accosté un couple de jeune trentenaires , qui me paraissait cool physiquement ( cheveux apparents pour elle et pour lui t-shirt jaune avec cheveux en catogan ) . J'ai tapé dans le mille. Ils étaient hyper contents de parler avec un français . Elle photographe et lui architecte d'intérieur . De Téhéran . En fait , ils étaient deux couples d'amis à être venu dans le coin pour le week end : Mahmoud et Reza et leurs deux épouses . On a fait une ribambelle d'activités classiques : baladé dans le renault mégane , on s'est arrêté le long de la rivière pour prendre un thé, puis direction Fuman, pour ses fameux gateaux , et enfin un stop pour déguster un épi de maïs grillé et trempé dans l'eau salée . Le tout , toujours dans la nature. Et pour finir retour à Masoleh après quelques heures – moi j'étais épuisé par mon ascension du château des « assassins » ( vieille traduction francophone et mal à-propos de « hasch'chi » ceux qui fument le haschich …) et que eux n'avaient pas faîte, restant en bas à discuter sur les tables tapissées en bar de rivière ) - ils ont insisté pour me donner un cadeau en guise de souvenir de ce moment passé ensemble ! J'ai choisi le fameux talisman chassant le mauvais œil : l'œil bleu en verre , que l'on trouve partout méditerranée, et ici aussi . Eux m'ont affirmé qu'il s'agissait d'un objet typiquement iranien ! C'est drôle comme les civilisations se croisent parfois sans le savoir .

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