TREK URBAIN DANS LA MEGAPOLE PAULISTE - 18/11/2008

Publié le par matthias

 

Mon avion pour Buenos Aires étant prévu le 19/11 dès 7 H 45 , j'ai décidé de prendre une journée pour essayer de découvrir un pan de la mégapole économique Brésilienne , 5ème ville au Monde : Sao Paulo . Donc Bus de nuit à la gare routière de Rio , avec environ 7 heures de trajet . Ce sera ma toute première expérience de bus de nuit brésilien ( je compte me déplacer pas mal avec ce moyen) : bus de ligne , petits en-cas, inclinaison du siège au moins à 120 °, couverture , etc, etc !!! Après avoir checké mon bagage dans la soute , je m'installe à mon siège, et là , l'impression d'être d'un inuit en maillot de bain brésilien au milieu de sa banquise . Il fait environ 10 °C dans l'habitacle !!!!! ( alors que je vous rappelle que dehors il fait environ 25 °C) . La clim est à fond et me soufflera sur le pif pendant toute la nuit , m'étant placé contre la fenêtre . Donc la fois prochaine : veste polaire de rigueur , pantalon , chaussettes, sac à viande… La couverture n'étant pas un plaid d'Amish , soit ma tête , soit mes pieds dépassent . Résultat , réveil dès vers 6 H du mat avec mal de gorge , au milieu de l'enfer des bouchons des échangeurs autoroutiers de la banlieue de Sao Paulo .

La tête pas fraîche , je débarque au milieu des SDF et autres gamins des rues encore endormis, qui squattent le Centre-ville pas encore rendu à ses usagers diurnes : hommes d'affaires , banquiers , fonctionnaires . Je trouve facilement l'auberge de jeunesse , mais la chambre n'est évidemment pas encore dispo puisqu'il est 8 H du mat . Je comate un peu sur le canap, je potasse l'Officiel des spectacles local ( l'offre culturelle y semble 100 fois plus importante qu'à Rio !) . Et je tombe dans la gazette de Sao Paulo de la veille sur un article de fonds , au chapitre Mundo , concernant le Congrès de Reims et de ses prétendants au poste de calife qui n'arrivent pas à se départager . Enorme !!!! Ségolène et Martine m'ont suivi jusqu'à Sao Paulo ! Et dire que je me suis coupé de fait des actualités nationales .

En dehors de ce journal très sérieux et en ce qui concerne la visibilité qu'ont les Brésiliens de la politique française actuelle , elle paraît se résumer souvent à des images télévisuelles ou des photos de Carla ( de violet vêtue évidemment) et Nicolas S . D'un autre côté le journal télévisé locale ouvre ses gros titres sur un type qui s'est fait électrocuter sur son poteau EDB ou sur une petite qui s'est noyé dans une piscine , alors faut pas trop en demander non plus .

Je pars donc ensuite errer dans le quartier en attendant ma chambre : pas génial , genre,  sur environ 4 blocs,  le temple de la moto et de ses pièces détachées . Je pousse un peu plus loin et là je commence à tomber sur la foule de ceux qui arrivent à leur boulot dans la City locale.

Premières constatations, les gens marchent beaucoup plus vite qu'à Rio et ont l'air très affairé , comme dans une autre certaine capitale économique tricolore . De plus les SDF sont vraiment très nombreux et semblent littéralement crever de faim au milieu des badgés en chemises blanches . Surtout, il y a un très grand nombre de jeunes gamins ,  crottés des pieds à la tête . Et comme chez nous, sur la quantité de ces gens , pas mal de schizophrènes ayant perdu la raison .

Après quelques heures de repos dans ma chambre , je pars définitivement réaliser mon trek urbain. Le centre ville est resté le centre de beaucoup d' affaires bancaires : cela ressemble bien à un petit Wall Street avec ses buildings des années 20 et 30 . Incroyable vue depuis le haut de la tour de la Banque de l'Etat de Sao Paulo d'où on embrasse l'ensemble du paysage urbain : une véritable folie de pierre et de béton , on n'y comprend vraiment rien : c'est cela Sao Paulo .

La ville se révèle quand même au premier regard sans trop d'attrait . Toujours ce mélange de bâtiments anciens vétustes , réhabilités ou en état de délabrement , avec des immeubles des 4 dernières décennies sans grand intérêt architecturaux, comme à Rio ( sauf qu'ici ils n'ont pas la mer et la forêt dans la Ville !) . Je décide alors de pousser jusqu'à la célébre avenue Paulista puis au quartier de Pinheiros , annoncé comme étant le lieu où il faut sortir et prendre un verre le soir .

L'avenue Paulista se révèle moins impressionnante que prévue : bien sûr elle aligne densément sur plus de 3 km une suite d'immeubles de verre récents et de tours de communications façon eiffel , un peu comme si La Defense se situerait uniquement le long d'une seule rue . Mais là encore , peu d'efforts architecturaux , le credo paraissant avoir été efficacité avant tout . En plus il commence a faire trés gris , donc je pars à la recherche de la fête .

Et là, sur le chemin, je traverse ce qui sera une autre des révélations de cette ville : le quartier des Riches . Le terme n'est même pas péjoratif . Contrairement à Rio , il n'y a semble-t-il pas de poches de pauvreté ( favelas ) coincées au milieu des quartiers aisés ou à ses frontières : pas de chance de prendre le même chemin pour rentrer chez soi le soir  Pas de systèmes de surprotection ostentatoires type grilles de plusieurs mètres de hauts autour des propriétés ,  en plus de l'entrée elle-même gardé par un gardien  , mais seulement des centaines de caméras dans tous les coins . Des fois que les rodeurs voudraient quand même s'aventurer dans le coin , ils ne passeraient vraiment pas inaperçus . A ce sujet , cela me rappelle un super film mexicain ou argentin , je ne sais plus très bien , intitulé La Zona : l'histoire de 3 gamins de « favelas »qui par accident se retrouvent coincés au sein de la zone sécurisé : flippant et instructif .

Là ce n'est que très grande richesse sur plusieurs km . Je n'ai jamais vu cela avant , même aux USA . Le quartier s'appelle Jardins , et en effet , il s'agit d'une suite d'énormes et magnifiques villas ( et même parfois des châteaux ) au milieu de la végétation tropicale . Mon bus a traversé la rue des concessionnaires automobiles ( Lamborghini , masserati , immeuble porsche sur plusieurs étages , …) .

Arrivé dans le soi-disant quartier branché , il se met à flotter : tout le monde courre partout , les boutiques tirent leurs rideaux et je me retrouve un peu esseulé : soit la fête sera pour dans quelques heures , soit elle est tombée à l'eau ! Je décide donc d'arrêter les frais , en plus j'ai froid ( suite des effets de la clim de la nuit ), donc je m'installe à une table d'un resto populaire de quartier pour me faire mon premier repas typique du brésilien moyen ( pour l'instant j'avais plutôt joué, avec mes amis cariocas , dans la catégorie supérieure ) : soit une escalope milanaise avec sa garniture typique locale,  frites + riz + bol de haricots en sauce .
Ouf , je pars ensuite me coucher .

 

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