A FAMILIA NO BRASIL - 05/01 - 16/01/2009

Publié le par matthias

 

De guidé , je vais passer guide : mes parents arrivent le 5 janvier pour 10 jours , avec un programme de dégustation-découverte expresse du Brésil que j'ai commencé à leur concocter dès mon arrivée au Brésil , il y a maintenant bientôt deux mois : 3 jours à Rio , 4 jours dans le Minas Gerais, et enfin 3 jours à Parati, sur la Costa Verde .

Le rythme étant différent, les nuits seront moins longues – ou moins courte , selon le sens que l'on donne - et je vais donc avoir moins d'occasion d'être dans l'action de la nuit carioca . Aussi , à titre d'information , j'ai potassé mon petit guide du People Brésilien suite à ma dernière grande soirée à l'Academicos de Samba de Salgueiro du 3 janvier , celle-ci ayant fait la couverture du journal de la Night de Rio, deux jours plus tard . L'ex-Reine de Samba était en fait la Reine de la Bateria , la trés coquine Viviane Araujo , aux tirages de magazines spécialisés phénoménaux . Le jeune minet qui faisait fondre les portables des midinettes , était Paulo Linho , l'une des stars de Tres Irmas , la telenovela basée dans le monde du surf , dans laquelle il joue le bien nommé Eros : il fêtait le soir même ses 30 ans . Et puis , il y avait aussi cet espèce de grosse baraque qui m'a bousculé pour passer et aller poser sous les flashs , derrière le bandeau VIP : le célèbre Alexandre Frota : ex -star de telenovelas des 90's, ensuite tombé dans la drogue , puis dans le porno , puis dans le reality-show, pour enfin essayer de retomber dans la telenovela ; parcours intéressant ... Je vous laisse le soin de vous inscrire à leurs fan-clubs respectifs, ou de peaufiner leur bio sur Wikipedia .

 

Mes parents ont eu une bonne grosse journée de voyage de 24 heures à leur arrivée , mais ils ont la patate : après un départ de leur village vers les 4 Heures du mat , le dégivrage de l'avion à Orly , 5 heures d'attente à Madrid suite à une grève d'Iberia , puis 1 heure d'attente pour récupérer leurs bagages, ceux-ci arrivant au compte-gouttes à Rio . Mais avec le taxi , qui devait être un cousin de celui que j'avais pris à mon arrivée , lequel était apparenté au 7ème degré à Ayrton Senna , à 2 heures 30 du mat tout le monde est couché , eux dans un hotel à Ipanema , moi toujours chez François et Nath .


Première journée à Rio , c'est la fête : il pleut des cordes toute la journée !!! . Investissements fructueux dans trois parapluies . Pas de problème , mon programme c'était balades dans le Centro , avec ses vestiges des temps glorieux ( Palais Royal de la Place du 15 novembre , quelques églises , expo Burle Marx, ...) . Je leur en met plein la vue , et plein l'estomac , avec un arrêt déjeuner au Café Colombo , son magnifique et fin buffet , et surtout son cadre incroyable : un des plus beaux cafés-brasserie-restaurant qui puisse exister de par le monde , sans conteste !

Les jours suivants, il fait soleil , ouf : grosse pression de maman pour ne pas rentrer blanche en France . Quelques clics sur Yahoo meteo me laisse pourtant songeur : que de la pluie et des orages jusqu'à la fin de leur séjour , ce qui se révèlera en grande partie mensonger.

Entre quelques passages à la plage ( Copacabana, Ipanema , Arpoador) où je fais gouter à mes parents , un peu  réticents, certaines des spécialités ambulantes ( approuvé : la barre de quejo quente ( fromage fondu cuit sur brasero avec origan) et la glace à l'acaï ), nous faisons quelques classiques que j'avais laissé de côté en prévision de leur voyage : montée en taxi puis bus au Christ du Corcovado à travers la forêt de Tijuca , montée en téléphérique au Pain de sucre, et montée en tramway à Santa Teresa : on monte , on monte. Toujours de magnifiques points de vue, cartes postales éternelles de la Ville . Mais après il faut redescendre : les journées filent donc à toute vitesse. Petit tour au Jardin Botanique , bi-centenaire . Pas le temps de faire du shopping . Les soirs , une churrascaria, et le Rio Scenarium, autre endroit unique au monde de par son espace et son décor fait d'assemblages savants d'objets et meubles de brocantes : en quelques heures seulement on arrive à y sentir le potentiel festif de Rio, avec ses musiciens talentueux et son public bon-enfant conquis d'avance .

En chemin pour Tiradentes , dans la région au riche passé historique du Minas Gerais, à 5 heures au Nord de Rio , on traverse en bus de magnifiques massifs montagneux , avec la toujours impressionnante forêt dite Mata Atlantica sur leurs flancs , puis des collines plus érodées , à vocation agricole.

Tiradentes , un peu à l'écart de l'incontournable de la région qu'est Ouro Preto , est vraiment très plaisante et coquette . La journée ayant été longue , on se sépare après diner .

23 heures 30 , la lune est ronde et le ciel dégagé . A la découverte de Tiradentes , je file sur les larges pavés plats mais complètement disjoints des rues du vieux centre de l'ancienne ville orifère .Un chat noir saute d'un mur et traverse une ruelle . En haut d'une montée escarpée, m'appelle un édifice illuminé de tous feux : dominant de sa colline les maisons qui l'enserrent , une des multiples églises baroques de la cité . Derrière le chevet , un petit groupe écoute , assis , l'un de leur ami qui joue des airs de bossa-nova , voix-guitare. Un petit chien dors dans le caniveau , avec un air de bienheureux . Une voiture antique et découverte promène à travers les rues accidentés les touristes tout heureux d'être ballotés dans tous les sens .Toujours à l'affut de sons , les bars de la place centrale se font concurrence dans la qualité et la diversité : MPB contre diva du Jazz et de la Soul : I've got the music in me. Des rues de maisons blanches aux embrasures de fenêtres et portes peintes de bleu, orange, mauve, ou grenats , voient mon ombre projeté par les lampadaires . Calme, paisible, unique, nocturne .


De jour, cela ne ressemble à rien de ce que j'ai pu voir dans le reste du Brésil jusqu'ici : la ville historique est complètement préservée , le cadre , grandiose, avec sa montagne qui surplombe le site , et surtout il n'y a pas de faubourgs moches . Ce n'est sans doute pas le vrai brésil , ça ressemble plutôt au décor « re-construit » chez nous pour se voir attribuer un label type «  Plus beau village de ... » , mais c'est bien agréable tout de même . Une image idéalisée du Brésil d'il y a 200 ans , loin du béton, des tours , et de la pression urbaine . D'où un bon nombre d'hôtels/pousadas et restos de grandes qualités, accueillants les urbains de Rio ou de Belo Horizonte pour le week-end , comme la charmante Carmen, avec qui Papa a fait connaissance dans la Jacuzzi de l'hôtel .

Le voyage en taxi jusqu'à Ouro Preto est plutôt mémorable : la brave Rachel , la Taxista , s'endort au volant, en pleine journée , au cours des 3 heures de route : frayeur familial dans l'habitacle ! On me prie avec énergie de faire le truchement avec notre chauffeur pour qu'elle s'arrête . Pression . Avec mon vocabulaire peu étoffé , je demande à notre chauffeuse de nous arrêter au prochain site historique de Congonhas , avec son sanctuaire sculpté par le Michel-Ange Brésilien , l’ Aleijadinho , à 30 min . Elle est ok , et sur ce elle s'arrête juste une minute plus tard seulement à un resto-route où elle s'enfile un café , puis un coca , et reprenant le volant , suçote des bonbons qui semblent l'occuper . La spychose s'installe quand même dans la voiture . La commère est scrutée par nous trois , et on arrive quand même à bon port !


Ouro Preto , c'est l'ancienne capitale mondiale de l'Or au 18ème : on nous dit que 80 % de la production mondiale de cette époque a pour origine cette région . Les monuments y sont donc : monumentaux !!!! Et en Or !!! enfin pour ce qui est de recouvrir le décor en bois sculpté de l'intérieur des innombrables églises, hautes perchées sur les collines de la cité aux rues hyper-pentues. C'est la grande époque du fameux baroque-rococco brésilien qui a su créé son propre style, fait de références aux végétaux et faunes locales , tout en maniant les canons esthétiques dictés par la Contre-Réforme venu de Métropole .

Un petit tour par le train touristique à vapeur pour rejoindre Mariana , cité voisine historique, avec sa vie d'après-midi dominical typiquement brésilienne : tout le monde se retrouve sur la place centrale arborée pour discuter, picorer et boire ! Ils n'ont pas Michel Drucker , ici !

Entre les visites d'églises et musées, et l'arpantage des rues coloniales , on ne chôme pas . Et au détour d'un vallon , le son des tambours nous provient : une procession ultra-colorée est en train de descendre la rue la plus abrupte de la ville . C'est la fête afro-brésilienne en l'honneur de Santa-Efigenia ( Sainte noire de Nubie ) et de Notre-Dame du Rosaire . Chaque groupe, avec sa propre fanfare, représente un quartier populaire d'Ouro Preto et le cortège est clôturé symboliquement par les rois et reines africains, couronnés. Encore une fois , j'ai l'impression d'assister complètement par hasard à un évènement unique ! Et cela sans que je me sente aucunement déplacé dans l'observation de ces cérémonies . Il n'y a jamais de regards mauvais ou d'incompréhension de la part des participants envers ceux qui les regardent , ni de problème de sécurité . A ce sujet - et pour l'anecdote - comme mes parents ne parlent que le français , dès qu'ils peuvent rencontrer un local que manie la langue de Molière ils commencent direct la discute : une fois , en allant chercher du cash au distributeur , maman informe stratégiquement un péquin croisé par hasard et causant en français – sans doute un guide – que l'on part se ravitailler … ça va que l'on n'était pas à Rio, sinon on aurait frisé l'enlévement en direct et j'aurai pu tout filmer et passer ensuite à la TV !!! Une autre fois que l'on s'était arrêté devant un resto superbement décoré mais qui fermait ses portes , notre station et nos commentaires ont fait réagir les personnes qui en sortaient et l'une des personnes commence alors à nous parler en un français parfait . Et après 2-3 minutes d'échanges , il avoue être le Ministre de la Ville ! Et voilà que Papa commence à vouloir avoir des précisions sur la décentralisation de l'Etat en faveur des Etats fédéraux . Traquenard pour le ministre !!! Mais le fin politique au teint jaune – abus de réceptions ? - arrive à s'en sortir .

Après un retour à Tiradentes - qui nous plait beaucoup , définitivement -  nouvelle journée de transports pour rejoindre , via Rio , la ville de Parati sur la Costa Verde , côte qui comme son nom l'indique est très verte : les montagnes couvertes de forêts semblent parfois tombées directement dans la mer couleur émeraude foncée, en créant par-ci par-là de petites criques avec plages de sable. Parati c'était la ville portuaire , débouchée de la Route Royale transportant l'Or d'Ouro Preto vers l'Europe , jusqu'à ce que le filon s'épuise au 19ème , reléguant alors la ville aux oubliettes de l'Histoire, jusqu'à ce que les amateurs de vieilles pierres , et de pavés ronds très casse-gueules , la redécouvre et la transforme en ville-musée .

Les plages autour et dans les îles avoisinantes sont très réputées et souvent désertes sauf quand les vieux skouners transportant les touristes à la journée - comme nous !!!- viennent les envahir pour quelques minutes. J'y fais la connaissance de Lise et Frédéric qui ont pris 2 mois pour voyager en Amérique du Sud après leurs études : c'est bien la première fois que des français me tiennent ce discours , d'habitude , il n'y a que des anglo-saxons pour le faire . C'est positif , les lignes bougent. Peut-être que l'on se croisera à nouveau au Chili .

Pas de plages dignes de ce nom à Parati même , alors en dehors du bateau , il faut prendre un transport terrestre pour rejoindre les plages de Trindade un peu plus au Nord ( retour en bus local , séquence « typique »). Là, longues langues de sable alternent avec de petites anses à l'eau pure et claire . Un grand concert gratuit de reggae était prévu pour la fin de semaine , aussi beaucoup de campeurs , et sound-system embarqué dans le coffre de la voiture déversant les sons sur la plage , pour tout le monde . Hop une vague , hop , une autre , ha là elle est un peu plus grosse : je me retourne et voilà que les parents sont emportés vers le rivage comme des mannequins : bon , on a frolé le « drame », mais non, même pas bu la tasse, ils se sont juste un peu cognés entre eux deux ! C'est la journée 100% bronzage : résultat , le soir , coup de soleil pour tout le monde !

C'est l'heure du départ , après une soirée gastronomie française avec d'excellentes crêpes , rue santa Rita à Parati - ras-le-bol des plats brésiliens ? - , ayant rencontré la patronne la veille au soir , française ayant plaqué son boulot de consultante en ressources humaines dans l'informatique pour monter avec son mari sa crêperie , ici . C'était encore plein à 22 heures ! Avis aux amateurs !

Moi je repars avant les parents , dès le matin , direction Sao Paulo , toujours en longeant la magnifique Costa Verde , qui l'est un peu moins , magnifique , dès que l'on s'approche trop de Sao Paulo : le béton reprend alors ses droits .

C'est un peu la journée des dernières fois :
- dernier bus : très confortable , DVD du concert au Maracana d'Ivete , sorte de simili mix-Madonna-Jennifer Lopez locale ,

- dernier jour pour  "A Favorita ": Flora vient de faire un carton avec son flingue . Toujours couverture du journal du jour . Dans lequel , on m'apprend que la nouvelle telenovela qui sera diffusée lundi en prime-time sur TV GLOBO aura pour cadre les charmes et les mystères de l'Inde . Ca va être énorme : quand la telenovela brésilienne rejoint Bollywood , la boucle est bouclée ! And last but not least  dans le même journal, la fameuse polémique "Rachida Dati " ! Sur la même page interieure que Gaza, actus internationales , un bon encars sur la ministre qui fait un bébé toute seule ( aznar montré du doigt …) et reprises des propos de Ségo qui hurle sur Sarko. Le monde est minuscule, ou du moins il s'occupe parfois de chose minuscule .

- dernier resto-route : celui-ci , il a tiré la queue du mickey : super crade , glauque à souhait , et en plus je reste coincé dans les toilettes le verrou ayant dû rouillé instantanément . Je pratique donc l'escalade façon James Bond !

  • - Dernière heure au Brésil : trop tôt encore pour faire le point , mais en résumé , c'est un pays formidable et vivifiant .


    Je pars de Sao Paulo pour la Patagonie Chilienne via Santiago avec une nuit dans l'Aéroport . Je rejoins ensuite Edwige et Séverine pour 3 jours de trek au parc Torres del Paine , puis Gwen arrive de France pour mes 3 semaines restantes au Chili !!! Edwige , elle fait un tour du monde comme moi , elle en 9 mois , mais elle est partie deux mois plus tard , début janvier , donc on pensait ne pas pouvoir se croiser , et l'autre jour sur Skype , en discutant, on s'est aperçu que sur ses 9 mois il y avait exactement 4 jours qui collaient , au Chili !

    « Legal ! » , comme on dit ici !

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