11 - 22/02/2009 - POLYNESIE MON AMIE

Publié le par matthias

 

La Polynésie Française . Terres de mythes paradisiaques, véhiculés par les premiers découvreurs et voyageurs .

Mais aujourd'hui, en 2009 , mythe ou réalité ? Je ne m'attend donc à rien pour ne pas être déçu . Tellement entendu de choses négatives sur Papeete la « sans charme » , Bora Bora la défigurée par le tourisme , les prix exhorbitants pour le moindre produit , le fléau de l'obésité , où vahinée rime bien souvent avec gonflée .

Sauf qu'au final , même si ces critiques sont partiellement vraies , la Polynésie , celle à laquelle j'ai pu avoir accès , c'est vraiment bien autre chose !

Unique au Monde ! Réellement .

J'ai pu avoir une masse énorme  de témoignages personnels de natifs ou d'expats, qui m'ont permis d'encore mieux apprécier cette société originale .

Premièrement et principalement grâce à François qui m'a accueilli dès ma descente d'avion avec le traditionnel collier de fleurs .

Ancien camarade de lycée de ma soeur Astrid - ça date un peu ...- , j'ai repris contact avec lui, à tout hasard, seulement quelques jours avant d'arriver . Adoptant une hospitalité toute polynésienne , et grand connaisseur et admirateur, en vivant ici depuis maintenant plus de 10 ans, de ce monde de l'Océanie , il m'a répondu aussitôt qu'il pourrait évidemment m'héberger et me faire découvrir les multiples centres d'intérêts de Tahiti et de sa voisine Moorea , car c'était la Tradition ici .

Grâce à lui , j'ai pu rencontrer Xavier – ancien négociant international de perles - et Taina – ancienne GO du Club Med - à Moorea, et vivre l'expérience unique de dormir sur le Motu que la Capitaine Cook utilisait comme observatoire grâce à sa végétation peu élevée. Cette île corallienne déserte, proche de la Barrière de corail , appartenant à la famille de Taina .



Puis sur l'Ile sauvage de Huahine , j'ai croisé toute la famille Tetumu qui me louait ma tente en bord de lagon . Seul campeur , j'ai partagé avec eux certains repas et observé la vie d'une famille vivant sur une Ile relativement loin de la capitale tahitienne . Une grande famille . En plus de Terii et Christelle , les cinq jolis et espiègles enfants : leilani (fleur du paradis), herenui ( grand amour du dieu du ciel), teriihia , teriitauairohutu ( le généreux), et le petit denier , teraihivanui ( grand gardien du ciel ) . La vie d'un enfant au bord du lagon n'est pas désagréable , partagée entre l'école , la pêche , le cerf-volant , la plongée . Terii , le papa , ancien militaire de carrière , est loin d'être avare pour leur transmettre les pratiques ancestrales qu'il a lui-même reçu de ses parents médecins traditionnels.

Mon expérience polynésienne est difficile à résumer, tant elle touche à de multiples sensations captées , de sentiments diffus, des odeurs entêtantes et envoutantes partout , de petites choses qui font un Tout .

Et ce Tout est très grandement positif !!!

La Polynésie ce n'est pas que plage de sables blancs et lagons bleus . C'est cela , certainement . Mais c'est aussi la nature magnifique du relief des îles , partagé entre baies profondes et montagnes luxuriantes, pour les 3 îles de l'archipel de la Société que j'ai pu visité ( la Polynésie étant immense , cinq archipels disséminés sur une surface représentant celle de l'Europe ) .

Mais c'est surtout les polynésiens !

Leur très haut degré de gentillesse les met tout en haut du podium des peuples de cette planète, suivant mon expérience . Doux et simple, souvent une fleur derrière l'oreille , le polynésien a toujours un salut pour les visiteurs . Anecdotiquement , je n'ai pas réussi à me faire pendant ce court séjour , au fait que, malgré une très importante circulation automobile , dès que je commençais à vouloir m'engager sur n'importe quel passage clouté de Papeete , toutes les voitures s'arrêtaient pour me laisser passer , avec pour certain un petit salut amical de la main ! Très loin de Paris , et à des millions d'années-lumière de Rio …

J'ai pleinement profité des beautés aquatiques que cachent la surface des eaux . Un véritable aquarium géant le lagon en Polynésie . A côté du motu de chez Taina , il y a LA grande attraction de Moorea , le « nage avec les raies et les requins – faites leur des papouilles ils adorent ça » . Bon , pas très rassuré quand même le gars Matthias quand la raie elle essaye de te monter sur le dos , avec sa bouche qui pince , et puis, la vision des requins , c'est humainement , je pense , créateur d'une peur viscérale . Un peu plus rassuré quand il y a du Monde autour : du genre on se dit , que question probabilité si , de par un fait exprès , on tombe sur un qui n'a pas mangé depuis quelques temps , et bien il croquera d'abord une des Miss gloussantes de l'émission de télé-réalité « Miss Teenager 2009 » qui viennent toutes ensemble se faire filmer juste à côté de moi . Mais je ne dois pas être dans le champs de la caméra, pas la peine de visionner toute la saison sur Youtube . J'ai raté mon heure de gloire !

A Huahine , le camping des Tetumu , il était également et évidemment en bord d'un lagon magnifique , avec un jardin de corail hyper proche , situé en face de l'ancienne et immense propriété du Sénateur-ex Président Gaston Flosse . Attention , la Politique locale , l'autre grand sujet d'attraction du Territoire, c'est pour un peu plus tard ...

Donc appareillé de masque et tuba , me voilà parti découvrir aux alentours,  en plongée légèrement dérivante,  tous les némos cachés dans leurs anémones , les poissons cochets , et les poissons perroquets mangeurs goulus de coraux .

Puis je croise de plus en plus de poissons en sens contraire , toujours plus nombreux et plus rapides …

Tin , tin ; tin tin ; tintintintintintintin ( air connu) ,

Un, deux , trois, quatre, cinq requins à pointes noires !

Là , j'ai beau me rappeler immédiatement les propos du mono de la plongée-bouteille de la veille , à savoir que les requins de lagon n'ont jamais mordu personne , et bien n'empêche , seul comme cela au milieu de nul part dans mon joli lagon bleu , je commence à battre ferme des jambes , et imitant mes camarades petits poissons, je fuis , sans gêne aucune . J'avais pas trop envie de faire la Une de la Dépêche de Tahiti du lendemain , autre forme de gloire ici !



Balade en forêt, rando en vélo , tour en voiture , cabotage autour des îles , plongée : j'essaye de découvrir par tous les moyens proposés ses lieux merveilleux .

A mon arrivée, et ce après plus de 3 mois passés dans des pays non francophones, ça me faisait vraiment bizarre de pouvoir converser avec tous autour de moi, dans ma langue , d'autant que , encore une fois , les Polynésiens sont très avenants et n'hésitent pas à m'adresser la parole tout simplement pour me demander comment je vais . C'est très agréable . Et malgré le petit accent local , le français d'ici est identique à celui de la Métropole . D'ailleurs la langue c'est l'une des principaux témoignages de la présence de la France , avec l'exercice des pouvoirs régaliens ( justice , police , etc, etc) . Car c'est vraiment loin d'être la France Polynésienne . Mais bien la Polynésie Française ! Une société originale à part entière . Pas grand chose de commun avec l'Hexagone . Déjà et premièrement , le plus visible au premier abord , le peuplement . Comme pour beaucoup de ses colonies – celle-ci ayant toujours d'ailleurs eu un caractère autonomique spécifique plus ou moins étendu, suite à la période d'annexion, vers les années 1880 – la France de la 3ème république ne voulait pas que exploiter ces nouvelles terres , mais désirait aussi que les natifs deviennent de bons petits français, capables de venir se battre pour défendre la Patrie en danger , ce qu'ils firent . Ca n'a pas marché comme sur des roulettes au début : ils ne se sont pas trop pris au jeu du  gagnant-gagnant de l'époque (« je te fais des routes et te donne des vêtements pour que tu viennes bosser dans ma plantation »), préférant leur mode de vie îlien à celui du travail dans les champs , d'où l'arrivée de vagues successives d'immigration chinoise , dont la présence donne à la Polynésie une bonne partie également de sa physionomie d'aujourd'hui : recettes culinaires , commerces et monde des affaires . Une communauté très active , qui s'est , seulement pour partie , métissée , d'où l'appellation utilisé par tout un chacun ici , de «  Demi » , pour un métis . Malgré ce que peuvent affirmer certains , la population m'apparait grandement métissés , avec toujours une dominante maori , le peuple qui a colonisé à l'origine l'ensemble des Iles du Pacifique dont la Polynésie . L'autre « mérite » de la France dans ses ex-colonies , c'est de ne pas avoir voulu éradiquer les populations natives comme cela s'est passé pour les colonies anglo-saxonnes de la région : ici plus de 80% de la population est d'origine maori, alors qu'à Hawaï ( US) les maori sont moins de 10% et parqués dans des réserves comme les indiens du continent , et en Nouvelle Zélande ils ne représentent plus que 7 % . Des chiffres réels , qui ne cachent tout de même pas le fait que l'ancien colonisateur tricolore a obtenu l'abandon des cultures et traditions locales au profit des françaises, avec interdiction de parler le polynésien dans l'enceinte de l'Ecole jusqu'à il y a quelques décennies. Cette période est maintenant bien révolue et après le boom économique des années 60 au début des années 2000, lié principalement à la manne apportée par le Centre d'Expérimentation nucléaire du Pacifique ( CEP), les polynésiens tentent de retrouver leurs traditions depuis un peu moins de 30 ans , comme le port du tatouage, la sculpture de Tiki pour protéger les maisons , l''excercice de la rame , le sport national... Les domaines sont multiples .



Mais aujourd'hui , ici aussi , tout va mal pour le bizness . Même si ce n'est pas vraiment la même crise .

Je n'ai réellement rien compris au système économique du coin . Tout coûte une véritable fortune , et les îles sont très peu auto-suffisantes alimentairement , alors que , pourtant , il y a le climat, favorable … J'ai dû arrivé pendant une période de transition économique importante . Tout le monde me le dit : avec le départ du CEP et la fin des essais nucléaire à la fin des années 90 , la source d'argent de l'Etat s'est pour partie tarie , et les politiques locaux , sortes de potentats indéboulonables , n'ont apparemment rien fait pour trouver une substitution viable , continuant à tout miser sur le tourisme de luxe à 600 Euros la nuit pour un bungalow au dessus du lagon , alors que les touristes US ont la même chose 6 fois moins chère à deux pas de chez eux dans les Caraîbes... Et je ne parle pas du prix du billet d'avion pour arriver jusqu'ici . Les hôtels sont vides . D'où des Villages-hôtels à l'abandon le long de la route unique qui ceinture chaque île , avec le plus emblématique d'entre tous , le Club-Med de Moorea rendu à la végétation envahissante ! Un certain chaos économique , remettant en cause pour certain l'achat du tout nouveau second et flambant neuf 4X4 toyota – ils pullulent ici alors qu'il n'y a souvent qu'une seule route … - symbole d'un véritable amour pour le modèle de vie américain , dont beaucoup se sentent plus proches, géographie oblige , et en particulier les nouveaux dirigeants du Territoire .


Je suis arrivé le jour de l'élection du nouveau Président , au suffrage universel indirect : Oscar Temaru , l'Independantiste . Celui-ci a écrit une lettre solennelle à Barack Obama pour demander le rattachement aux USA … Il ne doit pas trop connaître le sort réservé aux natifs d'Hawaï …L'exposition historique dans le Hall de l'Assemblée Territoriale est un modèle dans le genre schizophrénie politique : la France a été perfide et méchante , elle a volé le Territoire à notre gentille Reine par tous les moyens les plus tordus , alors que nous on voulait devenir anglais comme nos voisins ; 1880 annexion de Tahiti . Fin de l'expo .

En fait plutôt du donnant-donnant : alors que la France était prête à prendre possession de la Nouvelle-Zélande , l'Angleterre lui souffle la mise , et en contre-partie lui laisse le champs libre sur les Iles Polynésiennes . Pas trop de mots à redire, la Reine Pomaré .

La politique locale aurait une jolie teint folklorique , si l'avenir économique du peuple polynésien n'était en jeu : l'automonie est réelle pour beaucoup de secteurs clés , quoiqu'on en dise, et laisse son exercice à la discrétion des ministres choisi par le Président de la Polynésie Française . Les Polynésiens ont  les rennes économiques ( contrairement aux antillais ). Mais que faire quand il s'agit du 8ème président en 4 ans !!!!

L'inamovible Gaston Flosse , dit le Vieux Lion , a pourtant été éjecté démocratiquement il y a 4 ans , après des décennies au pouvoir, car tombant toujours un peu plus vers l'autocratie, avec sa milice personnelle . Ami perso de Jacquo le Corrézien , il n'a cessé,  depuis lors, par des pures manoeuvres abracadabrantesques  de faire tomber les gouvernements successifs, lui-même ne faisait que des passages éclairs à la tête du Territoire, quand il n'est pas poursuivi par la Justice pour abus de biens. Un vrai modèle du genre : alliances et contre-alliances de circonstances se succèdent , les ennemis d'hier s'embrassent aujourd'hui et se poignarderont sans doute demain : un roman-feuilleton qui fait vendre du papier .Et pendant ce temps le Pays n'est plus réellement gouverné , du moins aucun projet ne peut être mis en place dans la continuité .

Les électeurs semblent maintenant dégoutés de leurs dirigeants , alors que leur sens civique est pourtant un vrai modèle du genre : plus de 80% de participation aux élections à la Présidence de la France , et on s'habille pour aller voter, ici .

Ca s'est le côté négatif de la Polynésien : l'économie et la politique . Mais , en vacances , ils sont très peu visibles , et les poissons multicolores ne font pas de politique, eux .



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O
salut Matthias, je déguste tes récits au fur et à mesure de ton périple mais je ne sais pas sur quelle adresse te répondre ou t'envoyer des petits mots de la capitale française. <br /> plein de bises, je suis heureuse de voir que tu traverses des pays et rencontres des gens tous plus sympathiques les uns que les autres. <br /> emmanuelle
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