03/03/2009 - UN JOUR DANS LA VILLE GLOBALE DE DEMAIN

Publié le par matthias

 

Bienvenue dans le Monde de Demain .

A mon sens .

Singapore .

Une ville moderne , multi-culturelle, tolérante religieusement , sous l'oeil autoritaire et sécuritaire de chinois mercantiles .

Si vous voulez savoir ce que pourra être notre Monde sous influence chinoise , dans 30 ou 50 ans , venez déjà à Singapour , vous ne serez pas déçus .

Très très intéressant .

Et ca fonctionne plutôt bien , mais il faudra mettre de côté certains acquis occidentaux : démocratie directe , syndicalisme, n'ont pas vraiment court face au Dieu-Commerce , à la consommation et aux loisirs élevés au rang de fondamentaux de cette Ville-Ile-Etat de plus de 6 millions d'âmes travailleuses.

De plus , Big Brother watching you , everywhere !

Y en a qui n'aimeront pas ce Monde , c'est certain ...

Une population majoritaire d'environ 65 % de chinois ( bouddhistes, taoïstes, chrétiens) , le reste se partageant entre indiens ( hindouistes , musulmans), malais ( musulmans) , européen ( chrétiens) .

Ici pour communiquer entre singapouriens , on parle anglais , avec l'accent de sa communauté , ou celui britannique pour les plus aisés qui ont pu faire leurs études là-bas . Le modèle n'est pas vraiment les USA pour une fois, mais l'ancien colonisateur .

J'ai donc été accueilli par les parents de Morgane , une amie et ancienne collègue . Sans transition je suis donc passé de la piaule à surfeurs de Bondi Beach , à ma chambre décorée d'antiquités chinoises avec salle de bain privée et marbrée, dans un vaste condominium prisé par les expats et singapouriens upper class , avec la vraie jungle autour . Vive les voyages ! Vive les rencontres !



Le papa de Morgane est le banquier , in chief, de beaucoup de Mr Li ou de Mme Zhang les plus riches de l'Asie , pour une grande banque privée européenne .

Je les remercie encore de m'avoir accueilli pendant ces quelques jours, alors qu'ils ne me connaissaient à peine sinon pas du tout !, et merci à la maman de Morgane de m'avoir fait visiter et découvrir certains pans high level de la société singapourienne et du monde des expats, que je n'aurai certainement pas pu appréhender sans elle .

D'abord lâché dans la jungle de l'ultra-consommation de la très longue et rectiligne Orchard Road , avec sa succession de dizaines de centres commerciaux de marques mondiales , les choses qui me marquent au premier abord, c'est la propreté, la modernité et surtout le cosmopolitisme de cette Ville à dominante chinoise . Sauf que c'est pas du tout la Chine continentale . La majorité sont des descendants d'ouvriers misérables arrivés dans la Colonie Britannique au 19ème et début 20ème . Ils ont su garder certaines de leurs traditions ancestrales tout en adoptant également pour la plupart un mode de vie occidentale ultra-moderne .

C'est l'heure de la pause déjeuner, et les yuppies se précipitent pour se rassasier dans les food-courts en bas de leurs tours de bureaux . J'y retrouve ces chaînes de magasins qui m'avaient le plus marqués lors de mon passage à Pékin il y a 3 ans , à savoir des boulangeries-pâtisseries qui vendent des spécialités strictement identiques à celles que l'on trouve dans chaque pays d'Europe .

Je sais que je parle très souvent de nourriture dans ce voyage , mais – au delà du fait que je ne vais pas me laisser mourir de faim et ni me faire chaque soir des spaghettis bolognaises pendant 6 mois dans toutes les cuisines d'auberge de jeunesse du monde entier – je trouve les coutumes alimentaires de chaque nation hyper instructives sur leurs comportements sociétaux . Donc là, pour la boulangerie en l'occurrence , c'est typiquement asiatique : «  regardons ce qui se fait de mieux ailleurs – copions le à moindre coût – adoptons le si on aime bien - et éventuellement vendu le ailleurs à d'autres » .

Le but de la journée c'est d'aller tranquillement chercher mon billet de bus de demain pour Kuala Lumpur : je reste peu de temps ici alors que je découvre que l'Etat a mis en place de multiples attractions touristiques très originales pour essayer de capter le touriste consommateur mondial, plus longtemps que lors des quelques heures de transit aérien : zoo nocturne , parcs d'attractions , parcs naturels . Il n'y a pas que les dizaines de kilomètres du port de porte-conteneurs .



Singapour c'est aussi une ville pour faire la fête . Les jeunes locaux ne m'ont pas l'air en reste non plus , à la vu de la créativité des petites boutiques ultra-fashion de certains quartiers .

Après la rue des centres commerciaux ultra-modernes entourés de végétation, à un jet de métro , me voici, sous une pluie toute tropicale, dans les quartiers dits arabe et indien : changement de décor . Beaucoup plus populaire. L'ancien et le nouveau Singapour se télescopent brutalement. Les anciennes maisons de thé et de commerce à un étage que l'Etat a décidé de sauvegarder et de restaurer pour le tourisme, afin de garder , tout de même, une trace du passé d'un réel cachet, sont ceinturées de routes à 6 voies et écrasés par les buildings de 30 étages ou barres d'immeuble numéroté, type HLM . Ici encore plus qu'ailleurs,  grand multiculturalisme , sans doute facilité par la mentalité religio-superstitieuse des chinois : ceux-ci , quand ils vont au temple bouddhique afin de connaître ce que l'avenir leur réserve ( tout un cérémonial envoutant) , n'hésitent pas ensuite à aller bruler également un bâton d'encens au temple hindou juste à côté . Mieux vaut deux fois qu'une, pour avoir chance et bonne fortune !

Après avoir rejoins la maman de Morgane , c'est parti pour le tour touristique du monde des expats .

L'entrée en voiture dans le Centre , l'ERT , est hyper-réglementé en vu de décourager ceux qui veulent prendre leur auto : passage sous portique qui débite automatique à un coût dissuasif une carte magnétique rechargeable placée dans l'habitacle . Et si la carte n'est pas provisionnée , c'est l'amende électronique dans les heures qui suivent . Tout est très policé . Je ne peux pas dire policier , car les agents , tous en civil , ne sont pas visibles à mon oeil nu …

Particularité de Singapour , l'architecture des maisons des anciens colons , les Black and White : magnifiques et immenses demeures coloniales peintes en noir et blanc , nichés et cachés au coeur de la jungle en fait toute proche . Très chouette , fleurant bon « le bon vieux temps des colonies » tout cela . Beaucoup d'expats aujourd'hui loue à prix d'or à l'Etat ces maisons au charme unique .



Un petit verre dans un ancien quartier d'entrepôts militaires britannique reconverti en bars et boutiques alimentaires à la mode bio, appelée ici « organic » . Puis diner au Club . Survivance anglaise également . Domaine immense avec golf , piscine, multi-sports , restaurant . Des centaines de petites balles blanches s'envolent à travers la nuit tombée .

Enfin , the last but not least , un verre de Singapore Sling au Martini Bar de l'Hôtel Raffles en centre-ville. Le palace a vu défiler entre ses murs les démarches titubantes de grands auteurs occidentaux du siècle dernier , raffolant de son ambiance toute coloniale, avec parquet ciré , meubles aux bois brillants , hauts plafonds, service pléthorique.

 

 

 

Chinois, indiens , occidentaux , business , loisirs , consommation, buildings, condominium , HLM, quartiers-musée, tolérance, pratique religieuse, sécurité, surveillance .

 

Ici, c'est déjà demain , et ma journée d'aujourd'hui est finie .

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article