FBN - 26/04/2009 - SUSHI DREAM

Publié le par matthias

 

Afin de graver dans ma mémoire le souvenir de cette soirée du 26 avril , je vais donc la mettre sur le papier . Tout ne pouvant pas être pris en photos non plus , il faut pouvoir décrire ces moments uniques qui font le voyage, pour ne pas les oublier . C'est un peu l'objet du blog d'ailleurs .

En l'occurrence ce sera un souvenir gustatif ( eh oui , encore un ...)

Donc, depuis quelques jours , je suis à Osaka , capitale proclamée de la gastronomie nippone . La réputation de ses habitants voudrait qu'ils se ruinent en repas alors que ceux de Kyoto se ruinent en Kimonos de soie brodée .

Excellente raison pour continuer de découvrir de nouveaux mets parmi la multitude rencontrée depuis le début de mon arrivée au Japon. Déjà la veille , j'étais tombé par hasard devant une aquarium de Fugu en devanture d'un resto dans le quartier de Dotombori , très couru pour son art culinaire . Fugu . Le poison qui tue !!!!

S'il est mal préparé , une poche ventrale contamine de poison l'ensemble de sa chair . Bon je suis encore là pour écrire , donc tout s'est bien passé . J'optais alors pour des sashimis , et un verre de saké chaud flambé avec la membrane séchée des globes oculaires dudit poisson … repas étonnant , mais d'un saveur peu définie . Les globes, ça n'a pas vraiment de goût !


Mais revenant à ce jour . J'avais repéré un resto de sushi pas cher du tout dans le galerie marchande du petit quartier populaire de Shinsekai. Vu la quantité de clients à l'intérieur , la fraîcheur devait être au rendez-vous . Je retrouve facilement le resto , pas besoin de ma chère boussole cette fois dans ce quartier excentré loin des mecques du shopping de Minami ou Namba .

Le décor, une fois la porte passée : quatre maitres sushis s'activent , hyper concentrés et le sourire absent , au centre de la salle devant leurs assiettes de morceau de poisson avant tranchage , récipient de riz et bol de wasabi respectifs . Je m'installe sur le seul tabouret du comptoir restant libre . Autour, le public n'est pas vraiment du genre Harajuku Girls , mais bien adulte mûr, voir buriné. Des japonais lambda , les traits plutôt grossiers , et à cette heure et dans ce lieu , les yeux brillants , le visage rougeot voir cramoisi par les descentes de bières ou de sake ( précision : c'est dimanche et il est 18 H ) . Ca discute , ça cloppe pas mal ( comme presque partout au resto, alors que c'est souvent interdit dans la rue ... ) , ça rigole un peu dans tous les sens , et ça commande sans cesse de nouveaux sushis arrivant promptement par quantité de deux ou trois .

Première difficulté , malgré la photo des sushis affichée à l'extérieur , à l'intérieur tout est en japonais , même les prix ! Je vais donc devenir le temps de la soirée un vrai gars d'Osaka ne regardant pas à la dépense ( car j'y comprend rien ) . Le maître sushi qui s'occupe de notre coin de comptoir n'a pas l'air des plus rigolos , donc j'évite de faire le touriste on lui proposant de venir faire un tour dehors pour lui montrer mes choix sur photos . Miraculeusement mes voisins directs parlent anglais et un autre, plutôt cuit , commence à réciter tous les mots de français qu'il a retenu de son voyage à Paris il y a plus de 10 ans : « Pigalle », « Pieds de cochon », «  ça va », et un vrai « bonsoir » de journal télé . « Pieds de cochon » , ça, il a beaucoup aimé vu comment il commence à débiter ses explications sur la chose à son propre voisin . Donc une bonne ambiance populaire de resto de début de soirée !

Tous veulent m'aider à commander , et moi je choisi au hasard , véritablement à vue d'oeil en essayant de repérer ceux que l'on n'avait pas encore essayé avec Loic . Maintenant que ce dernier est reparti sur Paris , et avec lui son précieux savoir nippon culinaire dans le texte , je n'ai pas beaucoup d'autre solution .

De vrais merveilles, ces sushis, dont la saveur est réhaussée par le wasabi entre la tranche de poisson cru et la boulette de riz . Tranché bien épais . Wasabi qui monte au nez . Anguille, coquillage , thon , dorade , ...

Puis passe sous mon nez , les sushis de mon voisin qui m'ont l'air pharaonique : je commande les mêmes illico . Bonne pioche : c'est le fameux toro, thon gras en français . Un truc de fou , n'est-ce pas Loic ? On ne sais pas vraiment ce que l'on mange – poisson ou viande - , mais le tout fond merveilleusement dans la bouche comme du beurre , et laisse ensuite pendant plusieurs heures les papilles en émois de ce souvenir de quelques secondes .

Mes voisins me mettent en garde sur le prix , mais s'empressent en même temps de me commander un autre met à base toro , pour que j'y goute . Un bon petit maki de derrière les fagots .

Puis, à l'autre bout de la petite salle, je voie LA moule .

LA MOULE GEANTE !

La même que nous avions vu au marché aux poissons de Tokyo . La coquille du bébé doit bien faire dans les 50 cm de hauteur , sans mentir . Un des maîtres sushi est en train de la préparer pour sa tablée . L'opportunité est là , je ne vais quand même pas partir du Japon dans un peu moins de deux jours sans y gouter , tout de même ! A part la Saint Jacques crue , les autres coquillages m'ont plutôt déçu à chaque fois . C'est pourtant les sushis les plus chers et recherchés . Là je m'enquière quand même du prix avant : bon ça va ! Et hop dans la bouche . Pas mal du tout la moule géante crue !

Mon couple de voisin anglophone parti , je reste avec celui du « pieds de cochon », qui essaye de vouloir m'entrainer dans un autre resto – la fameuse réputation ...- alors que je le trouve de plus en plus cramé .

Je commande l'addition – demi-gloups … - et m'esquive sous les mercis traditionnels de toute l'équipe et le salut de bon nombre dans la salle . Encore sous l'émotion gustative , je me plante de direction et en revenant sur mes pas , je croise mon voisin « francophile » qui longe difficilement les murs du passage couvert , sans doute en quête d'un nouveau lieu où le saké est honnête .

Moi , je préfère terminer là ma soirée et venir retrouver mon ordi pour raconter tout cela , avant que tout ne s'estompe .

 

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