BOGOTA : QUELQUES INSTANTANES – 27/12 – 29/12/2012

Publié le par matthias

 

Cela fait maintenant plus de 10 jours que je suis arrivé en Colombie , et à part les sensations des premières heures et les photos de Bogota, je n'ai pu reprendre ma discipline de tenir ce blog . Pour plein de raisons , dont principalement celle de ne plus être seul et donc de n'avoir plus le temps matériel ni la possibilité de le faire .

J'ai retrouvé mon amie Anne en transit à l'aéroport le 29 décembre , pour monter dans l'avion vers Pereira la capitale de la région du café . Là-bas , Diana ( l'amie de 13 ans de Anne , depuis l'université de Nantes ) , son ami Arbey et leur petite Camilla nous attendaient, pour continuer le voyage colombien en Terres Connues , avec ces très très gentils et hospitaliers guides locaux. Plus vraiment de place aux imprévus ni à ma liberté solitaire . Ce qui me change beaucoup . Mais c'est une autre histoire .

Pour l'instant à l'heure qu'il est, je m'éloigne de quelques mètres du débit de paroles amazonien d'Anne et Diana, et je vole quelques minutes avant d'embarquer depuis Medellin pour Santa Marta et la côte caraïbe , pour rendre compte de quelques images de Bogota que j'ai gardé à l'esprit . Tout en essayant de les garder vierges de ce que j'ai vu et vécu par la suite .

 

Déjà, le nom même de Bogota : beaucoup de fantasmes à son sujet . Avant d'arriver ici , j'avais l'image de cette capitale ultra-violente avec ces gamins des rues dont on ramasse le corps criblé de balles au petit matin pris entre deux feux de bandes de narco-trafiquants . Genre Sao Paulo puissance 10 . Un souvenir que je savais très ancien , sans doute lié à la vision de reportages de quand j'avais vu à la télé, soit il ya environ plus de 20 ans …

Bon en 20 ans , les choses changent assurément . Et là j'ai trouvé une ville tranquille , des habitants tranquilles, un paysage tranquille de montagne .

En tout cas tranquille compte tenu de l'image pré-conçue que j'en avais ! Le spectre des mésaventures d'Ingrid Bettencourt s'est très rapidement dissipé . Et j'ai tout de suite adhéré , à tout .

Et puis " tranquil" c'est quand même le maître mot que chacun emploie presque tout le temps pour ponctuer sa phrase en réponse à une question .

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La Candelaria et ses graffitis :

Je loge sur les hauteurs du quartier de La Candelaria ( carrera 2 calle 10 ) Alegria's Hostel, qui est le centre historique de la vieille cité . J'ai ma petite grimpette à effectuer dès que je veux rentrer à l'auberge , et à 2600 mètres d'altitude ça décrasse bien à chaque fois . Le quartier est très calme le soir venu ( un peu trop à mon goût ) sauf sur une petite placette avec son église ancienne où quelques jeunes à crête indienne – ça semble être la grande mode capillaire du moment - semblent faire du théatre d'improvisation. En tant normal , le quartier grouille d'étudiants, mais là c'est les grandes vacances . A cette présence est sans doute dû la grande quantité de graffitis muraux hyper originaux qui décorent les murs du quartier ( il y a même des graffitis- tourism-tours ! ) . On en découvre un peu partout aux coins des rues, et ils se marient parfaitement aux mélanges chaotiques de l'architecture locale : entre petites demeures coloniales pimpantes, immeubles 60's et irruption du XXIème . J'aime bien tout le résultat , et ça restera pour moi ce qui caractérisera Bogota .

 

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Platos typicos:

Assez rapidement je suis passé à la gastronomie locale : sa qualité roborative est un gage pour reprendre les forces perdues à dévaler les 2 kilomètres d'escaliers de Monteserate ( le lendemain j'aurai les genoux en compote ) tout en suivant les rythmes de ma nouvelle radio préféré version salsa vissée aux oreilles Raaaaaaadio Policia Nacionaaaaaal ,   ou à arpenter le Jardim Botanico ou le Parco Bolivar avec ses jeux pour les familles ( genre la plus grande crêche du monde ! Qui est en fait un parc d'animation catho , synthèse de deux traits du pays : l'importante pratique catholique ( plusieurs messes par jour dans chaque église , des crêches plus ou moins géantes ou grandeurs natures partout ( dans la rue , dans les resto, chez les particuliers ) et des lieux pour jouer ( casinos, parcs d'attraction , aqualand, parc Divercity – où les enfants jouent à une vie d'adultes en miniatures dans laquelle ils peuvent dépenser leur faux argent à des activités , ou encore , plus simplement, des joueurs d'échecs sur les places Simon Bolivar – selon Diana , toutes (!) les villes possèdent une place Simon Bolivar, du nom du libérateur du pays en 1831 face au colon espagnol .

Mais revenant à la cuisine colombienne : le premier contact a été terrible . Mais dans le genre typique et popu , c'était la classe : j'ai tenté de manger un Super Perro, lointain cousin du completo chilien . Attiré par la même photo exposée sur les dizaines de kiosques de marchands ambulants à l'entrée du Parco Bolivar , à la fin, la faim était là . Sur l'image : un ENORME sandwich avec une grosse saucisse bien luisante, sa garniture au fromage ( doble racion , por favor !) et son filet de sauces sur le dessus . Une fois servi, les choses se sont compliquées : déjà pas moyen de mordre dans le sandwich , bien calé dans sa boite en carton , sans gouter au carton colombien lui-même … je tente l'exfiltration du pain du carton : c'est la cata, la fromage rappé s'agglomére immédiatement à la sauce rose et jaune pour se détacher perfidemment de la parois du pain et me tomber en avalanche sur les mains. Là on peut dire littéralement que j'en ai plein les doigts , sauf que j'ai pas encore mangé une bouché ...Le tout pour le tout , et la moitié de la garniture une fois par terre pour nourrir les tourterelles bogotiennes , le pain est libéré ! Hourra . Victoire amère : la saucisse , une pauvre knacki tiède, et le pain , étouffe chrétien . Les suivantes rencontres avec les saveurs gustatives locales seront beaucoup plus concluante : sur la carrera pas loin de chez moi , je gouterai à la fois au Bandeja Paisa qui est une sorte de best of de morceaux de viande ( saucisse, filet de boeuf ultra cuit avec son gras, gras de porc frit ( le fameux graton, cf l'aventure à brasilia) , accompagné délicatement de riz , avocat, flageolets, et banane sautée . Copieux ! Même qualité pour l'Ajiaco à la même adresse ( c'est mon bon plan à la candelaria !) : un épais ragout de blanc de poulet dans le lequel nage un demi-épis de maïs, de la pomme de terre et de la crème , et le petit bol de riz pour accompagnement. Là , à chaque fois, je me suis régalé au son ambiant de salsa ou de la bachata .

 

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Usaquen:

Pas de visite d'un pays soi-disant en développement , sans visite de ses quartiers riches ( en fait , et pour vendre déjà un peu la mèche sur ce qui suivra du voyage : il faut le dire, le pays est très développé ! Industrie et services semblent à la pointe. Classe moyenne consommatrice . Urbanisation rationnelle . C'est clairement le pays le plus moderne et riche que j'ai vu en amérique latine ) .

Cela dit , je suis donc parti faire un tour au quartier d'Usaquen au nord de la ville . Mon guide indique une petit candelaria pour la forme , et un quartier de restaurants branchés et haut de gamme pour le fond. Bon, là il n'a pas tord .

Venant du parco Bolivar , près avoir jonglé avec divers bus pris au petit bonheur la chance après avoir intégré à la fois le système de paiement manuel, celui des arrêt , et surtout les divers trajets aléatoires , me voici planté devant la salle de ciné paraiso, qui passe dans 15 minutes La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli ( ça fait , de mémoire, quelque chose comme declara la guerra , mais à ce niveau balbutiant du voyage mi espanol es sempre muy pobre ) . Donc bienvenue dans branchouille-land . La programmation ciné – le lendemain , il passe Amor de Haneke ... – allant de paire avec l'offre pointu de resto-bar-shopping , c'est un défilé de restaurants aux décors design très soigné , de boutiques de déco couleur locale , et de bars sans doute primé par le mag Ideat qui passera par là lui aussi . Pour l'archi quelques demeures coloniales mais surtout le trio brique , verre et acier . Au loin , dominant le quartier et la ville entière du rouge conquérant de ses briques crues , trois condominium verticaux ultra-luxueux semblent être sortis de terre juste la veille .

L'offre de bar alléchante , comme le yumi-yumi , fait envie d'aller prendre un verre de tequilla avec des amis ou de se tailler un bon filet-mignon , en VO dans le texte . Sauf que là , j'ai pas encore vraiment d'amis … et qu'il est 17H30 , donc beaucoup trop tôt pour s'attabler avec les premiers clients , dans l'ensemble beaucoup plus minces et blancs que ceux croisés dans la file d'attente de la crêche géante de l'après-midi...

Alors je m'en retourne vers mon vieux quartier à près d'une heure de bus , sans aucun changement cette fois-ci ( j'apprends vite ) , mais après avoir déjà pris goût au calme, au luxe et à la volupté des quartiers riches de Bogota .

Pour la prochaine fois .

 

Publié dans COLOMBIE 2013

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