LES TOURISMES A LA CHINOISE – EXPO UNIVERSELLE , SUZHOU, TONGLI, WUZHEN, GUILIN .

Publié le par matthias

Etonnante sensation dès le début du séjour : pour l'une des premières fois au cours de mes voyages, j'avais à constater que la politique touristique d'un pays n'était pas orientée vers le touriste occidental, mais uniquement organisée pour le plaisir du touriste national .

Ce qui n'a pas été sans conséquences pratiques de tous ordres pour le back-packer solitaire que je suis .

Dans leur grande majorité , les chinois voyagent visiblement en groupes . Tous les jours de la semaine et week-end, vacances ou pas . Vacances+week-end étant un mélange XXL à ne pas boire si l'on veut une once de solitude de quelques secondes au milieu d'un jardin ming ou sur une montagne sacrée .

Dans cette aventure chinoise, j'ai décidé toutefois de visiter 3 des 6 sites les plus connus et donc les plus visités du pays - Suzhou, Hangzhou et Guilin - en plus de l'Expo Universelle qui accueille son presque demi-million de visiteurs/jour . C'est dire si j'en ai croisé du touriste chinois casquetté !

Très souvent, on se sent même comme complètement noyé au milieu de ce fleuve visiteur, accroché à son guide favori tel une planche de survie, unique témoin d'une autre civilisation de tourisme.

Notamment lors de la visite de l'Expo Universelle Shanghai 2010, paradoxalement .

Mes jours choisis – 22 et 23 octobre – ne se sont pas révélés idéaux : passage du super typhon Megi au sud du pays oblige , il a plu la journée complète du 23 . J'ai l'impression d'être resté dans ma baignoire pendant 12 heures .

Ce qui a peut-être était mon salut également, puisque les shanghaiens ne se sont pas non plus rués pour la énième fois à l'Expo ce jour là, alors qu'elle allait fermer ses portes quelques jours plus tard. Mais ce n'a pas été le cas des chinois ayant programmés leur voyage de longue date, souvent financé par leur entreprise .

Ne souhaitant pas m'engager dans le labyrinthe des files d'une attente comprise entre 2 et 4 heures pour entrer dans un des pavillons majeurs , que ce soit celui de la Corée du Sud ou celui de l'Arabie Saoudite (!), aussitôt arrivé pour la journée complète, j'ai voté unilatéralement mon second plan quinquennal de 5 fois 2 heures, avec objectif de dépassement du nombre de pavillons visités en 6 heures ( spécial dédicace à Mao ) .

Le premier plan quinquennal d'une fois 5 heures de la veille au soir a été un succès mitigé, sujet à auto-critique de rigueur , puis purge si nécessaire .

Afin d'éviter la foule (op)pressante j'avais alors pris la décision d'entrer à la nuit tombée sur le site gigantesque de l'Expo mais par une entrée annexe regroupant les pavillons des sociétés commerciales, villes et régions , puis de traverser avec le bac la rivière Huangpu pour rejoindre le must des sites, à savoir les pavillons des Etats .

Mais je n'ai jamais pu arriver à traverser . Plus de 2 heures d'attente pour embarquer . J'ai donc déambulé dans ma zone « secondaire », bon témoin de ce que je verrais le lendemain . A savoir , une manifestation grandiose en tout ( taille du site, des bâtiments généraux, organisation ) qui semble complètement orientée pour édifier le peuple chinois : s'agit-il de lui montrer à quoi ressemble le monde qu'il va dominer demain ( aujourd'hui ? )... ?. Et, pour en mettre plein la vue aux réfractaires des cartels explicatifs sur les bienfaits du « Better City – Better Life » et autres thèmes officiels sur l'urbanisation du Monde : des effets de lumières mirobolants . Partout. Tout le temps . Les chinois, ils semblent adorer les effets de lumières et aiment habiller pour la nuit leurs bâtiments de toutes sortes de couleurs fluos et changeantes . Un effet kitsch auquel on s'habitue très rapidement.

Un petit tour par le pavillon de l'Ile de France ( vaste fumisterie; incompréhensible ), ceux de l'Alsace et de la Ville du Futur (sympas) , Madrid, Osaka, Ningbo ( métropole au Sud de Shanghai), etc, etc .

Le lendemain, après l'achat de l'équipement indispensable ( pancho coupe-vent en plastique jaune et parapluie sponsorisé) , je rentre dans la zone des pavillons des Etats , mais à nouveau par une entrée annexe . Déjà des dizaines de milliers de visiteurs partout en train d'attendre en files disciplinées devant les grands pavillons : mais ils sont arrivés à quelle heure ???

Je décide de visiter les pavillons des pays secondaires laissant leurs portes grandes ouvertes : les dictatures !

A méditer : il faut 3 heures pour entrer dans les pavillons des grandes démocraties occidentales et 20 minutes pour les pays aux régimes dictatoriaux ou semi …

D'un autre côté, la Corée du Nord ou l'Iran je trouve ça plus exotique que la Suisse ou la Finlande . Si l'extérieur des pavillons fait parfois un peu Disney, l'intérieur est souvent  encore plus déroutant par son décor carton-pâte , et son côté syndicat d'initiative du pauvre . Et à chaque fois des stands de vente de babioles chinoises ( bracelet en vrai-faux jade) le pays exposant n'ayant pas fait l'effort de vouloir vendre son propre artisanat . Déroutant et lassant .

J'enquille les Etats d'Asie Centrale, ceux de l'Océan Indien. La nuit tombe et je suis encore très loin de la zone des Grands Etats, alors que la nuit est tombée et qu'il devient moins chronophage de s'installer dans les files d'attente . Je mets le turbo , et traverse de multiples et kilomètriques passerelles aériennes, souterraines, multicolores, clignotantes, en forme de soucoupe volante façon « Indépendance Day » pour la taille, champignonesques …

Le mur d'eau s'abat toujours sur moi . Je n'en peux plus . Et pour l'instant suis plutôt déçu , mais c'est peut-être cela une Expo Universelle : un grand capharnaüm d'architectures de première ou dernière catégorie, renfermant des offices de tourisme plus ou moins attractif sur les pays ?

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J'attaque celui de la France : j'entre en VIP grâce à mon passeport ( j'ai bien essayé de faire la même chose avec le Portugal , mais le chinois dubitatif à l'accueil à la vue de mon passeport UE a appelé sa collègue portugaise en renfort, laquelle m'a renvoyé vers la file d'attente monstrueuse et ce malgré ma tentative de séduction expresse ) .

France : enfin un pavillon qui a des moyens ! Bien que l'archi extérieure soit très peu innovante comparée à ses voisines des Pays-bas ou du UK, l'intérieur se révèle féérique avec ses lumières tamisées, ses effets vidéos, pour en mettre plein la vue aux Chinois . Le thème officiel de l'Expo mis de côté complètement, la France a mis le paquet question France Eternelle . Enfin plutôt Paris Eternel !!! Avec les renforts opportuns de Louis Vuitton, Citroën, Michelin , Lafarge . C'est tellement joli que j'ai envie de dire aux gens que j'habite dans cette Ville magnifique . La supercherie marche à fond, même sur moi . Et tout le monde se précipite à la boutique souvenir qui possède également sa fille d'attente …

Ensuite, j'arrive à rentrer au pavillon du Brésil ( très très bien fait et intelligent), Algérie ( beau prospectus touristique), les Pays-bas ( bien représentatif du pays), Lituanie, Bosnie, Biélorussie, Ukraine, Angola, Pavillon général de l'Afrique .

Enfin plus de files d'attente, ou si peu, mais je suis lessivé ( propre et figuré) et le site est en train de fermé . Dommage .

 

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Ca, ce fut donc ma première expérience de tourisme à la chinoise : des milliers de personnes au même endroit qu'ils faut canaliser, une gestion efficace et à très grande échelle, pas d'improvisation, pas d'occidentaux à l'exception d'un ou deux pékins paumés comme moi . Des occidentaux, j'en ai vu un bien plus grand nombre une heure plus tard quand je suis allé prendre un verre avec Lionel, un ami de Marie-Hélène, au Sasha's dans la « Concession Française ». Dingue .

Les milliers de touristes chinois je les ai ensuite rapidement retrouvés à Suzhou , la Cité des Jardins ( 25/26 octobre ) La Venise de l'Orient. Des jardins privés de plusieurs siècles, entourés de canaux, témoins du pouvoir de riches féodaux de l'époque . Un parking avec peut-être une cinquantaine de bus pour la visite d'un seul jardin … Même sur 5 hectares, ça fait beaucoup de monde en même temps, et avec le « mégaphone » de chacun, c'est vite énervant . La solution , sans doute à venir , se serait le casque individuel pour chaque membre du groupe, ce qui permettrait aux lieux de retrouver leur destination initiale, à savoir un espace paisible, empreint de sérénité, sachant récréé de multiples paysages allégoriques (comme toutes ces pièces levées figurant des chaines montagneuses ou animaux pétrifiés) .

Suzhou étant tout de même une ville moyenne de plus 5 millions d'habitants, l'envie d'un peu plus de « moins grand » se fait sentir . Je choisis d'aller visiter le village de Tongli en bus, pour un A/R . La ville ne semble jamais finir. Sans cesse de nouvelles artères ultra-larges et paysagères, avec ses successions d'immeubles, en tour ou barre, de factures visiblement meilleures que leurs ainées . Ce qui fait qu'après une heure j'ai eu l'impression d'être toujours à Suzhou ( ou même à Shanghai distante à 40 minutes seulement en TGV chinois) . Mais non, le bus me dépose bien à Tongli , le « village » historique avec ses canaux . En réalité, le site à visiter est encore un peu plus loin à quelques kilomètres, et une ville moderne du même nom s'est construite autour . Comme souvent . Un petit bus électrique transporte ensuite les visiteurs de la bus station jusqu'à l'entrée du village clos . L'heure étant avancée, je croise les groupes qui repartent . Village très joli, et attractif . Même si l'on ne sais pas trop faire la distinction du vrai-faux ancien avec le faux-vrai . Tout est nickel et magnifie une Chine Eternelle : éclairage indirect, propreté comme partout exemplaire, demeures historiques, jardins privés et pierres levées encore, rues commerçantes aux lanternes rouges avec ses ribambelles de vendeurs de jarrets de porc caramélisés, de soies, de peignes en os, ou d'estampes avec canaux . Même si plus on s'éloigne du centre , plus le côté aseptisés s'efface . Sauf que les groupes n'ont matériellement pas le temps d'aller s'aventurer « si loin » et donc les autorités n'ont pas vu la nécessité de ravaler ces habitations . Enfin un peu de patine .

 

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L'autre grand moment d'un autre « tourisme à la chinoise » a été la découverte du village de Wuzhen . Mon plan luxe et pas cher ( 26/27/28 octobre)

Je suis alors toujours dans mon trip « la masse touristique m'oppresse », cet état disparaissant ensuite rapidement après ce dernier épisode .

Wuzhen, situé entre Suzhou et Hangzhou sur le Grand Canal, est divisé en deux sites visitables, en plus de la ville moderne sans grand intérêt . Le site de l'Est correspond grosso-modo à deux rues ancestrales de quelques centaines de mètres autour d'une rivière . Le site de l'Ouest, beaucoup étendu , ressemble à un grand village entourés et coupés de canaux multiples. Les deux sites sont distants de plusieurs kilomètres .

Si celui de l'Est ressemble beaucoup aux lieux touristiques déjà visités avec ses foules casquettés rouge ou jaune, ses boutiques de marchands, quelques signes distinctifs cependant . Positif et négatif . D'abord les deux rues ne semblent pas complètement refaites, elles gardent un peu une patine « crasseuse », et surtout elles conservent une bonne partie de ses habitants ( la cause ? ) . Sauf que ce dernier état de fait devient finalement négatif, car pesant . Pas du fait des habitants eux-même, mais des visiteurs . Car 40 groupes de 30 personnes partageant tous au même moment une passion démesurée pour le cliché photographique du tout et du n'importe quoi, dans deux rues pavées de 3 mètres de large et 500 mètres de long, ça ressemble très rapidement à un zoo . Et les petits habitants, ils restent alors terrés à chez eux, cachés derrière leurs volets clos . Une tentative de sortie malgré le mégaphone à deux mètres de sa porte ou une pose de linges à sécher sur le fenêtre et c'est aussitôt une bonne quinzaine de cliché sur leur intérieur sommaire ou leurs sous-vêtements pendus et distendus … C'est clairement une vie atroce que de rester à vivre ici . Sacrifiée sur l'autel de la soif de visite et de témoignages du passé du touriste chinois .

Sauf que les dirigeants locaux semblent tout de même avoir pris conscience des « méfaits » du tourisme de masse, et que la poule aux oeufs d'or pouvait perdre très rapidement ses plumes à ce rythme là .

Alors ils ont aménagé le site de l'Ouest en Cité Interdite . A l'intention du Chinois Aisé .

L'accès se fait après avoir passé plusieurs contrôles et barrières pour véhicules . On arrive alors à une vaste bâtiment de style ancien et luxieux, façon hall de Palace de la Riviera, où fourmille une petite armée de jeunes hôtes et hôtesses en uniforme et chignons à votre service . Je suis déchargé du fardeau de mon sac par un concierge . Après avoir fait le check-in en anglais (!), s'être vu remettre son pass magnétique après acquittement du droit d'entrée, je suis conduit en barque à rameur jusqu'au village, réellement coupé du monde de par ses canaux .

L'endroit idéal pour se poser dans ce coin là de la Chine, loin de l'agitation quotidienne .

Ici le choix a été de vider le village ancien de tous ses habitants (...), pour autoriser seulement à revenir ceux capables de gérer un commerce ou des chambres d'hôtes . Les lieux , entièrement restaurés, aménagés, paysagés, l'ont été visiblement avec les matériaux anciens de plusieurs siècles . Pas vraiment de patine non plus, mais un charme indéniable, celui d'une Chine Eternelle idéalisée encore une fois. Terrain de jeux romantiques des petits couples aisés de Shanghai ou de Hangzhou .

J'y reste sur trois jours . J'ai choisi un hébergement parmi les moins chers, dans une chambre d'hôtes, petit-déj chinois compris ( miam !) . Qualité-prix, le combat s'est gagné d'avance face à mon lit en dortoir de 6 : pour à peine le double du prix, chambre individuelle spacieuse dans un cadre ancien, lit moelleux ( jusqu'ici j'ai plus fait dans la stère de bois ... ), wifi, kit complet pour le bain, et donc petit-déj goûtu préparé par les très sympathiques hôtes . Leur sympathie étant aussi peut-être guidé pour obtenir des réponses positives de ma part au questionnaire très détaillé que j'ai dû rendre à la fin du séjour : les plats que vous avez commandés vous ont ils été servis rapidement ou très rapidement ? Avez-vous réclamés quelque chose qui manquait dans votre chambre ? Votre accueil vous a-t-il satisfait ? Pourquoi ? Etc , etc . Ca ne rigole pas . Un autre tourisme à la Chinoise .

Les « Very Small Luxury Hotel » pullulent aussi . Et ils le valent bien .

Dans le village, de multiples activés jour et nuit , all inclusive : visites à la carte d'anciennes usines de sauce soja ou de chaudronnerie, demeures anciennes, mausolée/musée à la gloire de Mao Dun, écrivain communiste et homme politique, sorte de Malraux de l'époque de Mao Zedong, concerts de musiques traditionnelles, séance de cinéma de propagande.

Pourquoi les groupes ne viennent pas jusqu'ici ? Sans doute du fait qu'il y ait deux sites, distants l'un de l'autre, les groupes n'ont matériellement pas le temps de les visiter dans la même journée . Et les commerces de la « Cité Interdite » sont vraiment orientés bobo , agrémentés de ses bars cosy avec wifi, de ses restos gastronomiques, de ses promenades en barques deux places , alors que ceux du site de l'Est sont plus prolos et font dans la quantité . Le règlement de droits d'entrée à deux sites seraient également trop onéreux .

Enfin, la volonté politique : il est certain que les autorités locales n'ont pas souhaité que la Cité Interdite de l'Ouest figure sur le programme des tours operators . En témoigne l'absence de système de canalisation de la foule à l'entrée …

Un autre tourisme donc .

 

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Ensuite direction Guilin et sa région , après l'épisode de la journée en trains ( 05/06/07/08 novembre) .

Le paysage de pains de sucre au milieu des rizières figurent sur le billet de 20 Rmb. Un must . Pour le tourisme également .

Sauf que cette fois il s'agit d'un paysage s'étendant sur des dizaines de kilomètres et non de deux rues d'époque ming autour d'un cours d'eau .

Un peu plus d'air .

Guilin est la métropole régionale , avec son aéroport international ultramoderne . Yangshuo, le centre touristique majeur , ancien village pour routards il y a 15 ans , et aujourd'hui ville champignon de plus 300.000 habitants par laquelle transite tous les groupes au sortir ou à l'entrée de la croisière sur la rivière Li . Moi j'ai décidé de dormir à Xingping, petit ( cette fois c'est vrai!) village fluvial en amont de Yangshuo , parce que pour la fin du voyage j'aspire à ne rien faire, c'est à dire à ne pas être distrait par les lumières de la Ville Chinoise qui me fait me coucher hors normes et me fait lever «  en retard » sur la vie chinoise du quotidien .

Quand, à 19 H, je débarque à la nuit à l'auberge, le village est près à enfiler son caleçon long de laine et à poser sa bouillote au fond du lit . Pas mal de francophones dans le coin . Le gérant saisonnier belge de l'auberge me conseille un resto qui doit encore servir à cette heure . J'y rencontre un couple de français, Déborah et son copin, qui font un tour de l'Asie en vélo sur deux ans . Visiblement ils sont faits l'un pour l'autre , et pas très fun . Dans leur trip solitaire . Je les croise le lendemain aussi , mais le feeling ne passe pas plus . Je me rattrape vite le soir même avec une soirée mémorable autour d'un repas multi-plats à la chinoise avec Becky et son frère, deux jeunes américains sinophones rencontrés en haut de la montagne pour capturer le coucher de soleil, plus un japonais photographe et la tenancière chinoise trés drôle . Je me couche à pas d'heure chinoise encore une fois, le sourire aux lèvres.

Le village de Xingping se révèle finalement de jour pas vraiment adapté à recevoir quotidiennement ses flots de touristes qui déferlent sur lui quand les bateaux et autres « bamboo boats » ( en fait des tubes de plastique imitant la forme des troncs de bambou) font débarquer ici les visiteurs embarqués à Guilin ou Yangshuo deux heures plus tôt : un petit tour dans les deux rues commerçantes pour acheter les sempiternelles confiseries que l'on trouve pourtant partout ailleurs, et le groupe à bob distinctif doit s'installer dare-dare dans une voiture de golf géante qui ramene tout le monde vers son bus grandes lignes . En journée le village me paraît alors vite infernal avec son mélange d'embouteillage de voiturettes de golf débridées, et ses bateaux qui klaxonnent sans cesse . Xingping étant encaissé dans une courbe de la rivière Li au milieu des pains de sucre, la caisse de résonance est énorme . Et il faut s'éloigner de plusieurs kilomètres à vélo pour échapper à ce boucan urbain en pleine campagne . Ce que je fais .

Merveilleuses et mythiques balades à jouer à me perdre entre les méandres des cours d'eau, contournant ces pains de sucre, totem géants surgissant au milieu des rizières, des champs d'arachide et ou des vergers d'orangers . Traversant les villages de briques fauves en terre crue . Le temps semble pour une fois s'être arrêté ici, même si le progrès commence à arriver au travers du béton du sol des ruelles : partout la moisson du riz se fait à la main, les bottes assemblées sont ensuite passées dans une petite machine à battre en bois, et enfin le riz étalé à même le sol devant les maisons pour séchage . Il y a aussi ces petits temples bouddhistes cachés et aménagés au coeur de grottes naturelles de certaines collines . Le temps mercantile ne semble pas être arrivé jusque là, ni la Révolution Culturelle d'ailleurs car leur décoration semble très ancienne pour une fois . Somme toute une région rurale magnifique et authentique où il faut savoir poser les valises quelques jours pour ne pas être pris dans le tourbillon du tourisme à la Chinoise .

 

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Publié dans CHINE 2010

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