OU IL EST QUESTION DE RENCONTRES

Publié le par matthias

 

 

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De ville en ville : en matière de logement pour la nuit et  d'opportunités de rencontre par ce biais , j'ai eu tous cas de figures .

De l'auberge hygiénique autrichienne à Linz , au dortoir à 12 de Brasov, et passant par un ancien palais à Plovdiv et une terrasse de malade à Istanbul . Déjà un fait , annoncé dès le début du voyage : les voyageurs en sac à dos sont souvent plus jeunes et nombreux dans les grandes capitales que dans les petites villes . Et de ce fait j'ai eu le sentiment d'avoir plus de difficultés à faire alors des rencontres. Sauf qu'à l'opposé , j'ai plus d'une fois été entièrement seul dans le dortoir de 4 ou 6 . Un « grand » moment que celui , seul dans mon dortoir carrelé de partout de l'auberge de Melk , avec derrière ma porte un tournoi de ping-pong improvisé dans le lobby par toute une équipe de petits autrichiens cyclistes qui devait avoir dans les 10 ans de moyenne d'âge . C'est pas discret à cet âge là ! Faut donc trouver le juste milieu et le hasard fait le reste . J'ai bien aimé l'Antique Hostel de Bucarest , au cœur de l'action festive , et son expérience de séance de ciné . L'adresse m'avait été filé par Sophie , que j'avais accosté dans un resto à Brasov, et avec qui j'ai passé la journée du lendemain en la retrouvant par hasard pour la visite du château de Bran et de la forteresse de Rasnov . Une rencontre bien charmante.

Tous ceux avec qui j'ai pu discuter étaient, en majorité, en rupture de ban ou tenus par la passion du voyage .

A l'Antique Hostel j'ai pu voir mon premier film d'horreur : on va me dire , t'as pas besoin d'aller si loin pour ça . C'est vrai ! Dès le matin l'équipe de l'auberge propose de s'inscrire pour un barbecue sur la terrasse, avec séance ciné . Bonne occasion pour faire connaissance . Sauf que je ne sais pas , j'ai pas dû comprendre l'horaire , mais j'arrive comme un fleur à 20h , et là la terrasse comble et tout le monde, l'assiette vide, le regard nébuleux tourné vers l'écran. On me tend mon assiette , et je m'incruste entre deux , et je commence à regarder . Un gars dénommé Josh, attaché à un siège est en train de vomir tout en hurlant et un autre avec un tablir en cuir le cisaille . Gloups le BBQ … Au début j'ai cru que c'était une blague ,et j'ai même rigolé tellement c'était horrible . Mais non, ça a continué comme ça jusqu'à la fin . J'avoue que je n'ai pas regardé les scènes les plus atroces, mais je voulais aller quand même au bout du film pour avoir le « happy end » , bien j'ai eu plusieurs fois l'envie de me casser devant tant de violence . Ca s'appelle Hostel . Le pitch du film : dans une Slovaquie complètement fantasmée en pays arriéré pourri par la mafia , un groupe de jeunes backpackers américains, appâté par quelques demoiselles peu farouches, se fait enlever dans leur auberge pour subir les sévices d'un groupe de riches amateurs de tortures . Quand arrive la fin, et que le héros réussit à dézinguer une bonne partie de ses tortionnaires à son tour ( œil pour œil, tronçonneuse pour tronçonneuse!) , tout le monde est un peu sonné dans l'assistance . Ce qui n'a pas empêché du tout le staff de l'auberge de mettre en route illico Hostel 2,

la suite ! Mais la suite de quoi , je me dis ? Où le héros précédent se fait décapiter dès la première scène . Bon , là ça suffit , ça m'a retourné complètement l'escalope grillé tout ça . Je me fais direct mon propre film . J'imagine la Bulgarie, ma destination du lendemain, dont je n'ai aucune image en tête , comme cette slovaquie de pacotille pour ados américains . Il faut que je prenne l'air et essayer de me changer les idées au milieu de la fête permanente des soirs de Bucarest . Ce qui réussit pour partie au son des bons mix sortant des bars surpeuplés .

Josh, ça doit être un prénom prédestiné à mal finir dans ce genre de film, car j'avais eu une première alerte à l'auberge de Brasov , le Dao Kesmet Hostel. Après le dîner en compagnie de Sophie, je passe le nez par la common room et quelques gars regarde Blair Witch Project. Pas vu à l'époque, mais je connais quelques codes du film passé à la postérité . Ca, c'est pas vraiment un film d'horreur , mais qui se veut plutôt terrifiant , à ne plus jamais faire ensuite du camping dans la forêt : ça s'engueule tellement entre protagonistes que je comprends finalement que les Fuck et les Jooooooooooooossssssshhhhhhh !!!!hurlé par l'héroine . En tout cas c'est moins con qu'Hostel.

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A part regarder des films horribles pour ados, j'ai aussi passé de bons moments à discuter avec des voyageurs de passage . Après Ayméric à Regensburg et un flamand belge prof d'anglais à Istanbul mais croisé à Bratislava, me reste en tête Juan à Sigishoara , un espagnol de 31 ans qui avait déjà visité plus de pays que moi , et qui parlait chinois . Je lui ai dit qu'il ferait un bon agent secret et il m'a répondu qu'il s'était engagé 3 ans dans l'armée ...Bonnie et Cécile , deux françaises qui venaient de faire du woofing (?) dans une ferme des Maramures roumaines . Le woofing , ça consiste pour l'agriculteur bio à passer une annonce sur un site dédié pour accueillir des jeunes du monde entier pour l'aider aux tâches agricoles en échange du toit et du couvert . Elles avaient adorés . Georg un roumain de Bordeaux – amer à 40 ans sur sa vie passée : coach sportif il aurait préféré être pilote de chasse ou chirurgien si c'était à refaire … - avec qui j'ai visité les monastères de Bucovine dans sa seat aux 500000 km . Une bonne discut également avec Suzanne et Martina deux suissesses sur la route de Biertan à Sibiu , qui bossaient pour l'Etat Fédéral , en matière de coopération . Ou encore Virgile et Pauline qui m'ont fait partagé leur repas frugal, que je croise à Sibiu puis à Brassov . Jen, un taiwanais funky, fan

de Stromae et de XFactor Bulgarie, qui était à la séance d'Hostelet que je recroise à Plovdiv . Et Guillaume à l'Old Plovdiv Hostel, également, qui repartait le lendemain pour Paris puis Londres pour rejoindre sa nouvelle copine qui n'était autre que la fille du boss de l'Hostel, ce qui fait que ça faisait alors un mois complet que son projet de tour de l'europe s'était soldé par un stop définitif à Plovdiv . Un sacré coco celui là, bien dans ses baskets .

En toute sincérité , mon niveau d'anglais me limite souvent dans les conversations pointues de la petite assemblée qui se forme naturellement sur la terrasse ou au bar de l'auberge vers les 19H ( l'heure de la Bière ! D'ailleurs j'ai l'impression d'avoir fait un Tour de la Bière ! Pas une journée sans ma pinte locale ) . Langue commune à tous , de quelque pays qu'il soit, mais avec les australiens, américains et anglais ,

accents et rapidité d'élocution montent rapidement un mur entre nous .

Mais je me lance souvent quand même en m'excusant d'avance pour mon niveau.

Sans rencontres et sans partage le voyage à moins de saveur .

 

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