UN SAMEDI A HANGZHOU - 30/10/2010

Publié le par matthias

 

Hangzhou, Lac de l'Ouest, Mingtown International Youth Hostel, samedi 30 octobre 2010 , Chambre n°2103, 8 Heures du matin : je me lève .

Dehors , grand soleil !

Aujourd'hui, et comme habituellement, vaste programme .

La prioritĂ© , c'est d'avancer : je dois d'abord trouver mon billet de train pour la destination « ultime Â» de mon voyage, Guilin et ses paysages lĂ©gendaires de Pains de Sucre . En essayant de ne pas trop y perdre du temps car ensuite dĂ©couverte des alentours du vaste et très beau lac de l'Ouest que borde la ville . Je file donc directement en gare sans prendre le temps de petit-dĂ©jeuner : c'est un coup Ă  rater encore complètement ce repas, ça, quitte Ă  bien me rattraper par la suite ...!

Hier, je me suis déjà cassé le nez une fois à la Gare auprès de l'un de ses 40 guichets . Et perdu sans doute plus d'une heure . Mes heures sont chères , car je n'ai toujours pas vraiment le rythme du bon peuple chinois qui se lève tôt ( 5H ? ) et qui se couche tôt ( 21 H max !!!) . Tous les sites à visiter ferment donc vers 16 H ou 17 H environ . Et les restos comptent leurs tous derniers clients vers 21 H, donc .

La veille j'avais compris que l'ouverture de la réservation de mon train K 155 entre Huangshan ( ma prochaine destination) et Guilin ( l'ultime) ne pouvait se faire qu'à compter du lendemain … Après un petit coup de taxi, me voici de retour au milieu des longues files d'attentes et du vacarme des hauts-parleurs de chaque hôtesse de guichets , diffusant derrière leur vitre leur réponse personnelle, mais pour tous...

La rĂ©ponse , pour moi, c'est : « no train!!!, no train !!!, no train !!! Â». Hop , hop , hop , je dois dĂ©gager maintenant . La pression de la foule derrière moi est Ă©norme ( juste pour ma file n°17…) et j'ai dĂ©jĂ  dĂ» cĂ©der ma place une ou deux fois Ă  des petits malins qui grillent tout le monde et se postent juste devant moi au moment oĂą j'arrive face au guichet .

Je dégage .

Un peu déconfit .

Je me raisonne , il ne s'agit pas de perdre la journée complète pour essayer de trouver ce satané train ( l'hôtesse m'a-t-elle bien compris ? ), ce qui pourrait très bien arriver ! Le problème du voyageur solitaire en Chine n'est pas l'absence de transport ( il y en a une foultitude) mais l'accès à l'information sur ces transports . Et pour le coup les auberges de jeunesse sont d'une indispensable utilité car leur personnel parfaitement anglophone ( un fait globalement presque unique ici ) écrivent nos questions et demandes en chinois, quand il ne fait pas la réservation directement . Ensuite il faut comprendre la réponse au guichet ! J'avais trouvé l'information de l'existence de ce train K155 via un forum de voyageur sur le web. Info non concluante .

Retour au patio de la charmante auberge où les carpes rouges du bassin et l'oiseau au drapeau rouge me saluent . Je potasse un peu mon guide préféré .

 

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Je dĂ©cide de prendre le « vĂ©lib Â» local et de faire le tour du lac Ă  bicyclette . Le système est hyper simple, beaucoup plus qu'Ă  Paris . A Hangzhou, il est très facile de faire les distances Ă  vĂ©lo, sans risque de se faire Ă©craser par une vrombissante berline chinoise ou allemande . Pas de petites autos ici . Que du très gros modèle . Et des vans pourris . Tous circulent, sur des voies annexes Ă  celles des vĂ©los et scooters Ă©lectriques ( le must !), avec les bus bondĂ©s, et se font allègrement des enchainements de queues de poissons . Le sport national . Avec le klaxon intempestif . Tout ce que j'adore .

Le tour du lac, parfaitement aménagé pour les piétons également et agrémenté d'une noria de grands parcs multi-séculaires car lieux de villégiature de derniers empereurs, doit faire plus de 20 km .

J'atteins facilement la grande Pagode Leifeng qui domine le lac au sud et qui est magnifiquement illuminée de nuit . Selon le guide , sa fondation date de plus de mille ans à l'époque où la Ville était très riche ( elle l'est à nouveau !!!) avec la construction du Grand Canal la reliant au fleuve Yangzi . Le Grand Canal , dont le creusement a commencé au 7ème siècle avant JC, a bien la largeur de la Seine (!) et mesure près de 1800 km… Ils ont toujours été très forts ces chinois question aménagement du territoire et grands travaux .

Le guide explique Ă©galement que la Pagode a Ă©tĂ© reconstruite plusieurs fois . A vue d'oeil, la dernière fois doit ĂŞtre assez rĂ©cente compte tenu du système d'ascenseur hi-tech qu'elle cache dans son ventre . Au sommet on domine toute la ville, Ă  l'est et au nord constructions et buildings Ă  perte de vue , et Ă  l'ouest et au sud des collines verdoyantes de forĂŞts et de plantations de thĂ©. L'ensemble est bien sympathique . Ce dernier paysage de collines avec lac est très connu en Chine et symbole de classicisme et de beautĂ© . Ils en font mĂŞme la pub Ă  la tĂ©lĂ© . Et, qui dit connu , dit Groupes Ă  mĂ©gaphone!!!! A ce sujet, je dit mĂ©gaphone par facilitĂ© , car dans la rĂ©alitĂ© ce dernier est en très net disparition , par rapport au micro-casque du guide avec mini-ampli qu'Ă©coutent, concentrĂ©s, les membres de son groupe Ă  casquettes ( rouge , jaune, vert) ou Ă  bob « burberry Â» . Mais le rĂ©sultat est le mĂŞme : l'insidieuse machine crache un son tout pourri et saturĂ© .

Avec tout ça , il doit bien ĂŞtre 11H je n'ai toujours rien dans le bide : pas de problème , dans chaque lieux touristiques il y a toujours les mĂŞmes «  cabines Ă  frites Â» que l'on pourrait ici plutĂ´t qualifiĂ©s de « cabane Ă  brochettes de tofu et saucisse sucrĂ©e Â». Evidemment j'ai pris la saucisse ( salut Lenny !) . Une expĂ©rience . Le stĂ©rĂ©otype du risque de viande de chien dans la chair Ă  saucisse est bien prĂ©sent - le goĂ»t Ă©tant indĂ©finissable - mais je n'ai pas de tabou culinaire ( tant que c'est cuit ) . Sinon fallait pas venir en Chine .

Juste en face, je repère d'en haut un grand temple . J'aime beaucoup les temples chinois ( Taoiste, Bouddhiste) depuis ceux visiter Ă  Singapour et dans les villes « chinoises Â» de Georgetown et Malacca en Malaisie . LĂ -bas beaucoup de ferveur, de rites variĂ©s et fascinants pour le non-initiĂ©. Ici en Chine , les rites sont beaucoup plus simplifiĂ©s : j'avais lu que les Chinois rĂ©apprennent les cultes de leurs ancĂŞtres, quelques peu malmenĂ©s depuis l'arrivĂ©e au pouvoir des vrais communistes et surtout de la rĂ©volution culturelle qui semble avoir causĂ© des destructions irrĂ©mĂ©diables Ă  tous les niveaux . Pour un pays culturellement si avancĂ©, cela a dĂ» ĂŞtre vraiment terrible . Le slogan Ă©tait alors de supprimer les quatre vieilleries : pensĂ©e, coutumes, moeurs et cultures anciennes . Pas Ă©tonnant que le pays, aujourd'hui rugissant, ait mis quelques dĂ©cennies Ă  s'en remettre . Un pays sans passĂ© est un pays sans avenir .

Aujourd'hui machine arrière toute, les communistes sont devenus de fervents capitalistes, et tout le monde semble vouloir visiter le patrimoine du passé . Alors on a reconstruit aussi . Souvent . Beaucoup .

Les temples ont rouverts . Au capitalisme également . Beaucoup de boutique de babioles et colifichets dans le sanctuaire ( comme au Japon). Et après quelques bâtons d'encens plantés dans le chaudron en cuivre, et une petite prière , on se marre bien à chevaucher le dragon .

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Et moi , je rĂ©-enfourche ma monture qui commence sĂ©rieusement Ă  peiner au bout de quelques kilomètres : j'ai bien peur qu'elle termine très rapidement en kit , et mes talents de bricolo Ă©tant proche du nĂ©ant , je trouve opportunĂ©ment une nouvelle station «  vĂ©lib Â» pour faire l'Ă©change . Cette fois , c'est un vĂ©lo pour nain . Mais il roule bien . Je dois avoir un super look , dessus . Les parcs que je traverse sont vraiment magnifiques et toujours très propres et bien amĂ©nagĂ©s pour, qu'entre autre, les familles viennent s'y reposer Ă  l'abri du soleil sous une tente quechua (!). Comment ? Avec une vraie armĂ©e de petites-mains qui ramassent jour ( et nuit !) le moindre papier gras et dĂ©chet que laissent tomber les visiteurs , balayent toute feuille ( aucune feuille nulle part sur les chemins, Ă  croire au dĂ©but qu'elles tombaient toujours Ă  cĂ´tĂ© …) . Pour l'amĂ©nagement , souvent rĂ©cent , on a plantĂ© arbres et arbustes alors qu'ils Ă©taient dĂ©jĂ  adultes ! C'est la mĂŞme mĂ©thode que j'ai dĂ©couvert dans tout le pays . Le rĂ©sultat , ici et ailleurs ( abords de villes, villes nouvelles, bords de route et de rivière) , c'est qu'en un ou deux ans , l'ensemble paraĂ®t avoir dĂ©jĂ  plus de 20 ans ! Ce qui rend la Nouvelle Chine plutĂ´t très verte et paysagère . Je ne m'y attendais pas .

Au hasard de mes balades, je découvre le tombeau d'un illustre inconnu ( de moi ) , puis toute une zone de chouettes petites maisons avec terrasses ombragées, façon guinguettes, envahis de familles venus se grignotter ou taper le carton ( les deux sports nationaux des chinois, à toutes heures du jour ) . Ambiance très sympa . La vie a l'air douce à Hangzhou .

Je quitte les familles chinoises pour tomber sur l'étape précédente , le mariage !

Certainement prisé d'une élite, beaucoup viennent ici en tenue de noces pour se faire immortaliser dans ce paysage si romantique . Avec son photographe, l'assistant de celui-ci, et la chef make-up. Les poses proposées par la bande des trois sont énormes de kitsch ! J'aurai pu passer ma journée entière à suivre ces couples , parfois en file d'attente pour poser sur le même pont .

Mais je reprends ma monture rouge jusqu'à une petite propriété ancienne de bord de lac faisant également maison de thé, la villa Fenyang . Très bel endroit également , très prisé aussi . Je zappe ensuite le mausolée du héros national médiéval Yue Fei qui s'annonçait truffés de groupes ( que j'avais réussi à esquiver jusqu'ici; ça c'est mon sport national, à moi ), pour une petite balade à pied dans le parc Quyuan . Avec le soleil déclinant, les contre-jours sur les collines , c'est magnifique . Bon, je sais, je ne suis pas trop riche en qualificatif et répétitif . En résumé, tout me plait beaucoup, et je ne regrette pas m'être un peu poser ici, à Hangzhou .

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Les digues de promenade sur le lac sont de plus en plus bondées, l'heure du diner arrivant ( 18 H !) . Je lâche définitivement le vélib et me précipite dans le soi-disant meilleur restaurant de la ville, le souvenir de la saucisse, des petits pots de riz noir gluant et des diverses brochettes de tofu bouilli étant maintenant bien lointain pour mon estomac. Il s'agit du Louwailou , sur l'Ile de la Colline Solitaire , fondé il y a plus de 150 ans . Question culinaire , rien à redire : comme souvent j'ai pris quelque chose dont je ne comprenais pas la traduction en anglais, et dont, sous ma langue, je n'ai pu non plus vraiment déterminé la chose . Ca doit être une sorte de tofu , sous forme de grosses boules blanches fuyantes même avec la cuillière , dans une préparation douce , onctueuse et un peu gélatineuse . L'inconnue culinaire du soir .

Le problème c'est plutĂ´t le mĂ©gaphone qui m'a suivi jusque dans mon assiette . En fait, je suis trop proche de la rĂ©ception , et l'hĂ´tesse, qui est chargĂ© de gĂ©rer les nouveaux clients-assaillants qui prennent maintenant d'assaut le cĂ©lèbre resto, le fait en parlant dans un micro qui renvoit sa voix saturĂ©e . Vraiment pas un plaisir de dĂ©guster dans ses conditions . Beaucoup de touristes français alentours, et d'ailleurs j'en choppe trois en sortant pour partager autoritairement leur taxi de retour . Au dĂ©but un peu froids avec moi une fois tous bien serrĂ©s Ă  l'arrière, ils se dĂ©coincent rapidement : se sont trois Ă©tudiants en Ă©cole de commerce Ă  Shanghai et en week-end ici . Très "classe prĂ©pa" comme mentalitĂ© : surs d'eux-mĂŞme, ils me bombardent de questions sans vraiment s'intĂ©resser Ă  la rĂ©ponse , car ils ont dĂ©jĂ  la leur , assez casse-pieds finalement . Je les lâche Ă  destination, les laissant suivre Ă  la lettre le guide du routard leur recommandant d'aller Ă©couter de la musique dans le bar rasta du coin (!) . Moi je retourne vers la rue commerçante « ancienne Â» dĂ©couverte la veille, sorte de grande kermesse nocturne et sintillante le long d'une rue piĂ©tonne de l'Ă©poque song …! LĂ , sur la première esplanade, peut-ĂŞtre deux cents danseuses du samedi soir dansent en lignes sur de la musique sino-techno . Sorte de flash-mob Ă  la saucisse chinoise, bien relevĂ©e ! Les chorĂ©graphies sont uniques … et peuvent vraiment paraĂ®tre dĂ©routante Ă  l'oeil occidental . L'attroupement suivant se fait autour d'une chanteuse très douĂ©e accompagnĂ©e d'une danseuse plus « classique Â» : tous nous apprĂ©cions la prestation . Au milieu de la chaussĂ©e piĂ©tonne , des stands de conseillers bancaires essayant avec succès de vendre des cartes de crĂ©dit Ă  de jeunes couples urbains, s'intercalent avec des vendeurs de jouets faits en munitions gros calibres, ou de vendeurs de gadgets et babioles . Beaucoup de badauds , l'heure du repas Ă©tant passĂ© , c'est maintenant l'heure du shopping : 19H 30 !

La rue elle-même se ponctue de magasins de foulards en soie ( une des hauts-lieux de la Chine) , de maisons de thés, et de pharmacies ancestrales présentant comme des oeuvres d'art en vitrines les racines et autre champignons de troncs d'arbres à prendre en posologie ( en décoction , en rondelles dans ses nouilles ou crues ? ) . Je furète dans pas mal de magasins et en ressort bien chargé .

L'heure avance , la rue commence Ă  se vider . Il est samedi soir , et je me dirige maintenant Ă  pieds vers le quartier qui se veut brancher et chic, celui de la Hubin Lu , après avoir traversĂ© le quartier de Xihu Tiandi en bord de lac . Si ce dernier regroupe des bars et restos Ă  la mode occidentale ( comme le fameux bar rasta de mes 3 français en guoguette ), celui de Hubin Lu est encore plus tape-Ă -l'oeil : après un petit dessert lactĂ© branchouille, c'est la fin du concert de jets d'eaux aquatiques musicaux tel qu'au Bellagio de Vegas , devant les mĂŞmes vitrines des presques banales versace, hermès ou lamborghini.. Le concert fini ( 22H) , j'arpente l'artère principale des prestigieuses adresses Ă  venir ( Vuitton, Cartier) . Aie ! L'heure du Crime ! Un homme blanc, seul, dans une rue friquĂ©e Ă  une heure indue : le mâle occidental avec sa libido qui le dĂ©range . Ca n'a pas manquĂ©, en moins de temps qu'il n'en faut voilĂ  que l'accostage habituel se pratique . Direct . «  Do you want massage ? Sex ? Â»( sur un ton un peu plus bas) . Pour une fois , c'est une belle femme de 45 ans Ă  vue d'oeil ( mais l'Ă©clairage est Ă  son avantage …) . Comme d'hab , je zappe : j'aurai de la place oĂą, moi, pour un massage rĂ©parateur, dans mon dortoir de 8 avec israĂ©lien ronflant, chinoise emrhumĂ©e, ou anglais noctambule ?

Je dis comme d'hab , car je ne compte plus le nombre de fois où je me suis fait accoster par de jeunes chinoises dans la rue, surtout à Shanghai sur la Nanjing Lu . Sans mentir, peut-être toutes les 3 minutes , et la rue fait plusieurs kilomètres de long … Sans doute un gage que le pays est bien sur la voie du développement...

Après avoir quitté Carla qui passait par là, je choppe le taxi de retour en me disant que ce samedi à Hangzhou a été bien sympa .

 

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Publié dans CHINE 2010

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